Oui, une assurance vie sans perte de capital existe, mais la garantie ne porte que sur le fonds en euros, et elle porte sur la valeur de rachat nette des frais de gestion, jamais sur la somme brute que vous versez.
Sur les unités de compte, l’encadré obligatoire placé en tête de votre contrat écrit noir sur blanc que l’assureur ne s’engage que sur le nombre de parts, pas sur leur valeur (article A. 132-8 du code des assurances).
La loi impose à l’assureur de vous remettre, avant signature, un tableau qui place côte à côte les valeurs de rachat des huit premières années et la somme des primes versées (article L. 132-5-2). C’est le seul document où se lit une éventuelle perte de départ.
Garanti en euros ne veut pas dire garanti en pouvoir d’achat : de 2020 à 2025, un fonds en euros moyen a rapporté 10,7 % net de prélèvements sociaux quand les prix montaient de 16,0 %.
« Assurance vie sans perte de capital » est une des rares requêtes où la réponse honnête tient en une phrase et prend pourtant dix minutes à expliquer. La phrase : le fonds en euros d’un contrat d’assurance vie garantit bien votre capital, et cette garantie tient. Les dix minutes : elle ne couvre pas ce que la plupart des épargnants croient qu’elle couvre.
Les pages qui répondent à cette question se partagent en deux camps. Les unes affirment qu’une assurance vie sans risque « n’existe pas ». Les autres présentent le fonds en euros comme un coffre-fort et s’arrêtent là. Les deux sont fausses, et pour la même raison : elles parlent de la garantie sans jamais regarder sur quel montant exactement elle porte. Cet article part de ce montant, et des textes qui le définissent.
« Sans perte de capital » : quatre garanties différentes derrière une seule formule
Dans un contrat d’assurance vie, le mot « garanti » recouvre au moins quatre engagements juridiques distincts, qui ne protègent ni la même somme, ni au même moment, ni contre le même événement. Confondre les quatre est la première source de mauvaise surprise.
Le fonds en euros
L’assureur garantit la valeur de rachat déjà acquise, revalorisation comprise, et elle ne peut plus baisser d’une année sur l’autre. C’est l’effet cliquet. La garantie s’exerce à tout moment, y compris en cas de rachat.
Les unités de compte
Aucune garantie en capital. L’article A. 132-8 du code des assurances impose de l’écrire dans l’encadré du contrat : l’entreprise d’assurance s’engage sur le nombre d’unités de compte, pas sur leur valeur.
La garantie plancher décès
Option payante qui garantit à vos bénéficiaires un capital au moins égal aux primes versées, mais uniquement en cas de décès. De votre vivant, elle ne protège rien.
Le fonds euro-croissance
Le capital est garanti, mais seulement à une échéance fixée au contrat, qui ne peut pas être inférieure à huit ans (article R. 134-1). Avant cette date, la valeur varie.
| Support ou option | Ce qui est garanti | Quand | Ce qui n’est pas garanti |
|---|---|---|---|
| Fonds en euros | La valeur de rachat acquise, nette des frais de gestion annuels | En permanence, effet cliquet | La somme brute versée, le rendement futur, le pouvoir d’achat |
| Unités de compte | Le nombre de parts détenues | En permanence | La valeur des parts, qui suit les marchés à la hausse comme à la baisse |
| Garantie plancher décès | Un capital transmis au moins égal aux primes versées | Au décès de l’assuré uniquement | La valeur de rachat du vivant du souscripteur |
| Euro-croissance | Le capital ou la rente prévus au contrat | À l’échéance seulement, jamais avant huit ans | La valeur de rachat avant l’échéance |
Un contrat multisupport n’est ni garanti ni risqué : il est les deux à la fois, dans la proportion exacte de votre répartition. Un contrat à 70 % en fonds en euros garantit 70 % de votre épargne investie, pas une part de plus. Voir comment répartir entre fonds en euros et unités de compte.
Le texte
La garantie porte sur la valeur de rachat, pas sur ce que vous versez
Voici le point que presque aucune page ne pose franchement. Quand un assureur écrit « capital garanti », le capital dont il parle est la valeur de rachat de votre contrat, c’est-à-dire ce qui reste après que les frais ont été prélevés. Ce n’est pas la somme inscrite sur votre virement.
Deux prélèvements se glissent entre les deux. Les frais sur versement sont retenus à l’entrée : sur 10 000 € versés avec 3 % de frais, 9 700 € seulement rejoignent le fonds en euros, et ce sont ces 9 700 € qui sont garantis. Les frais de gestion annuels, eux, sont déjà déduits du taux publié : le taux de revalorisation annoncé par un assureur, comme celui publié par l’ACPR, est un taux net de chargements de gestion. Ils ne rognent donc pas la garantie une seconde fois, mais ils expliquent pourquoi un fonds en euros ne peut jamais servir son rendement brut.

Le tableau des huit ans, imposé par la loi et jamais cité
Le code des assurances a prévu exactement ce cas. Son article L. 132-5-2, en vigueur dans sa rédaction actuelle depuis le 1er avril 2018, impose que la proposition ou le projet de contrat indique « les valeurs de rachat au terme de chacune des huit premières années du contrat au moins, ainsi que, dans le même tableau, la somme des primes ou cotisations versées au terme de chacune des mêmes années ».
Le législateur a donc rendu obligatoire la mise en regard des deux colonnes qui permettent de voir, avant de signer, les années où l’on récupérerait moins que ce que l’on a mis. Aucune des six pages en tête de la première page de Google sur cette requête ne cite ce texte, vérification faite le 4 août 2026. C’est pourtant le seul document où l’assureur s’engage sur des euros et des dates.

Montant que l’assureur vous verse si vous mettez fin au contrat à un instant donné. C’est cette valeur, et elle seule, que la garantie en capital d’un fonds en euros protège. Elle intègre les frais déjà prélevés et la revalorisation déjà acquise.
10 000 € versés sur un contrat prélevant 3 % de frais sur versement, fonds en euros servant 2,63 % net de frais de gestion (taux moyen 2025 publié par l’ACPR), prélèvements sociaux de 17,2 % retenus chaque année.
Avec 4,5 % de frais sur versement, le même contrat met trois ans à revenir à l’équilibre. Avec 0 % de frais, condition courante chez les contrats en ligne, la valeur de rachat dépasse le versement dès la première année. C’est très exactement là que se joue la promesse « sans perte de capital », et non dans le fait que le contrat soit ou non un fonds en euros.
Outil gratuit
Reconstituez votre tableau des valeurs de rachat sur huit ans
L’outil ci-dessous reproduit le tableau de l’article L. 132-5-2 à partir de vos propres paramètres. Il applique les prélèvements sociaux de 17,2 % chaque 31 décembre sur le compartiment en euros, comme le fait votre assureur, et il isole la part de votre épargne qui n’est couverte par aucune garantie.
Simulateur de capital garanti
Ce que votre assureur garantit vraiment, année par année, frais et prélèvements sociaux compris.
Frais sur versement prélevés par le contrat
Taux du fonds en euros, net de frais de gestion
Part de votre versement placée en unités de compte
Scénario retenu pour les unités de compte
Valeur de rachat au bout de huit ans
11 524 €
Compartiment en euros garanti : 11 524 €. Unités de compte : 0 €.
soit 115,2 % de votre versement de départ
Capital garanti, mais un trou de départ à combler
La totalité de votre versement net de frais rejoint le fonds en euros : l’assureur en garantit le montant, revalorisation acquise comprise, et il ne peut plus baisser.
Les frais sur versement font démarrer votre valeur de rachat sous votre versement. Il faut attendre l’année 2 pour repasser au-dessus.
Part garantie par l’assureur
9 700 €
Part sans aucune garantie
0 €
Retour au niveau du versement
année 2
Frais sur versement prélevés
300 €
Fonds de garantie
Au bout de huit ans, la totalité de votre valeur de rachat, soit 11 524 €, tient sous le plafond de 70 000 € du fonds de garantie des assurances de personnes.
Le tableau que l’article L. 132-5-2 du code des assurances impose à votre assureur : valeurs de rachat et somme des primes versées, dans le même tableau.
| Année | Primes versées | Compartiment euros | Unités de compte | Valeur de rachat | Écart |
|---|---|---|---|---|---|
| Année 1 | 10 000 € | 9 911 € | 0 € | 9 911 € | -89 € |
| Année 2 | 10 000 € | 10 127 € | 0 € | 10 127 € | +127 € |
| Année 3 | 10 000 € | 10 348 € | 0 € | 10 348 € | +348 € |
| Année 4 | 10 000 € | 10 573 € | 0 € | 10 573 € | +573 € |
| Année 5 | 10 000 € | 10 803 € | 0 € | 10 803 € | +803 € |
| Année 6 | 10 000 € | 11 039 € | 0 € | 11 039 € | +1 039 € |
| Année 7 | 10 000 € | 11 279 € | 0 € | 11 279 € | +1 279 € |
| Année 8 | 10 000 € | 11 524 € | 0 € | 11 524 € | +1 524 € |
Hypothèses et limites de ce calcul
- Versement unique, aucun versement complémentaire, aucun rachat en cours de route.
- Le taux du fonds en euros est un taux net de frais de gestion, comme celui que publient les assureurs et l’ACPR. Il est supposé constant sur huit ans, ce qui n’arrivera pas dans la réalité.
- Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont appliqués chaque année sur les intérêts du compartiment en euros, conformément à l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale.
- Le scénario retenu pour les unités de compte est une performance annuelle nette de frais de gestion, appliquée uniformément. Les marchés ne se comportent pas ainsi.
- Le calcul n’intègre ni l’impôt sur le revenu dû au rachat, ni d’éventuels frais d’arbitrage, ni une garantie plancher optionnelle.
- Simulation à visée pédagogique. Seul le tableau des valeurs de rachat remis par votre assureur engage celui-ci.
Le prélèvement automatique
Les prélèvements sociaux entament le capital garanti tous les 31 décembre
Sur un fonds en euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % ne sont pas différés au rachat. Ils sont prélevés chaque année, à l’inscription des intérêts en compte, en application de l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale. Cela vaut aussi pour la poche en euros d’un contrat multisupport. Concrètement, un fonds en euros affiché à 2,63 % vous rapporte 2,18 % une fois les prélèvements sociaux passés.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté les prélèvements sociaux sur les revenus du capital à 18,6 % au 1er janvier 2026. Les produits des contrats d’assurance vie comportant une valeur de rachat en sont expressément exclus et restent à 17,2 % (impots.gouv.fr, fiche « L’assurance-vie et le PEA », mise à jour du 8 avril 2026). Seuls les contrats rente-survie et épargne handicap passent à 18,6 %. Beaucoup de pages et de simulateurs se sont trompés sur ce point.
Le remboursement que presque personne ne réclame
Ce prélèvement annuel crée une situation étrange sur un contrat multisupport : vous payez chaque année des prélèvements sociaux sur les gains du fonds en euros, même si vos unités de compte perdent de la valeur au même moment. La loi a prévu la correction. Lorsque, au dénouement du contrat ou au décès, le total des prélèvements sociaux déjà acquittés dépasse celui calculé sur l’ensemble des produits du contrat, l’établissement payeur reverse l’excédent au contrat. Le mécanisme figure à l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale et il s’applique automatiquement, mais il ne se voit sur aucun relevé annuel.
Pour le détail du calcul et des taux historiques, voir notre article sur les prélèvements sociaux de l’assurance vie.
Le pouvoir d’achat
Garanti en euros ne veut pas dire garanti en pouvoir d’achat
La garantie en capital d’un fonds en euros est nominale. Elle promet que le nombre d’euros ne baissera pas. Elle ne promet rien sur ce que ces euros permettront d’acheter. Sur la période 2020 à 2025, l’écart est mesurable au dixième de point.
-4,6 %
Pouvoir d’achat perdu par 100 € placés début 2020 sur un fonds en euros moyen, prélèvements sociaux déduits chaque année, mesuré fin 2025. Sources : taux de revalorisation ACPR et indice des prix à la consommation INSEE.
| Année | Fonds en euros, net de frais de gestion (ACPR) | Après prélèvements sociaux de 17,2 % | Inflation moyenne annuelle (INSEE) |
|---|---|---|---|
| 2020 | 1,30 % | 1,08 % | 0,5 % |
| 2021 | 1,30 % | 1,08 % | 1,6 % |
| 2022 | 1,90 % | 1,57 % | 5,2 % |
| 2023 | 2,60 % | 2,15 % | 4,9 % |
| 2024 | 2,63 % | 2,18 % | 2,0 % |
| 2025 | 2,63 % | 2,18 % | 0,9 % |
| Cumul six ans | +13,0 % | +10,7 % | +16,0 % |
Traduit en euros : 100 € placés début 2020 valaient 110,67 € fin 2025, alors qu’il en fallait 115,97 € pour acheter le même panier. Le capital n’a pas bougé d’un euro à la baisse, la garantie a parfaitement fonctionné, et l’épargnant a pourtant perdu. C’est le seul « risque de perte en capital » qui touche 100 % des détenteurs de fonds en euros, et c’est celui dont on parle le moins.
La bonne nouvelle est que l’écart s’est refermé : depuis 2024, le rendement net dépasse l’inflation. Nos analyses des taux d’assurance vie en 2026 et de la performance sur la durée détaillent cette bascule.
Ce qui reste
Trois risques qui subsistent même sur un contrat à capital garanti
La garantie du fonds en euros est un engagement contractuel de l’assureur, pas une garantie d’État. Trois situations peuvent l’entamer ou en retarder l’exécution, et il vaut mieux les connaître avant qu’après.

1. La défaillance de l’assureur et le plafond de 70 000 €
Si une compagnie agréée en France fait défaut, le fonds de garantie des assurances de personnes intervient. Son plafond n’est pas une légende : l’article R. 423-7 du code des assurances reconstitue les provisions représentatives de vos droits « jusqu’à concurrence d’un montant de provisions techniques de 70 000 euros », porté à 90 000 euros pour les rentes d’incapacité, d’invalidité et les rentes issues de contrats en cas de décès. Ce plafond s’apprécie par assuré et pour l’ensemble de ses contrats chez le même assureur, pas par contrat.


Le fonds ne couvre que les entreprises « agréées en France soumises au contrôle de l’État ». Un contrat souscrit auprès d’un assureur luxembourgeois n’entre donc pas dans ce dispositif : il relève d’un régime différent, le triangle de sécurité et le super-privilège luxembourgeois, sans plafond de 70 000 €. Nous détaillons ce point dans notre guide de l’assurance vie luxembourgeoise.
2. Le gel des rachats par le Haut Conseil de stabilité financière
Introduit par la loi du 9 décembre 2016 dite Sapin 2, l’article L. 631-2-1 du code monétaire et financier autorise le Haut Conseil de stabilité financière, en cas de menace grave et caractérisée pour la stabilité du système financier, à « limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat », à retarder les arbitrages et à limiter l’acceptation de nouvelles primes.
Les durées sont encadrées : les mesures sont décidées pour trois mois maximum, renouvelables si les conditions persistent, et celles qui touchent au paiement des valeurs de rachat « ne peuvent être maintenues plus de six mois consécutifs ». Ce dispositif n’a jamais été activé depuis sa création, ni pendant la crise sanitaire de 2020, ni lors de la remontée des taux de 2022. Il vise la liquidité, jamais le montant garanti : une suspension retarde le paiement, elle n’efface pas la créance.

3. L’impôt du rachat, qui dépend de l’antériorité du contrat
Un capital garanti n’est pas un capital net d’impôt. Au rachat, les gains supportent l’impôt sur le revenu, au prélèvement forfaitaire unique ou au barème sur option. Après huit ans de détention s’ajoute un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, et le taux d’imposition des gains tombe à 7,5 % dans la limite de 150 000 € de primes nettes détenues. Avant huit ans, la totalité des gains rachetés est taxée.
Autrement dit, la date d’ouverture de votre contrat vaut de l’argent. Un contrat ancien conservé pour son antériorité protège mieux votre capital net qu’un contrat neuf au même rendement affiché. Nos stratégies de fiscalité de l’assurance vie chiffrent l’écart.
La méthode
Comment monter une assurance vie réellement sans perte de capital
Si votre objectif est de ne jamais voir votre valeur de rachat descendre sous votre versement, cinq décisions suffisent, et aucune ne dépend du nom de l’assureur.
- Exiger 0 % de frais sur versement. C’est le seul frais qui crée mécaniquement une perte de capital le jour même de la souscription. Depuis l’arrêté du 24 février 2022, codifié à l’article A. 522-1 du code des assurances, chaque distributeur doit publier sur son site un tableau standardisé de tous ses frais : la comparaison prend cinq minutes.
- Demander le tableau des valeurs de rachat avant de signer. C’est un droit, pas une faveur : l’article L. 132-5-2 l’impose. Regardez la ligne « année 1 » et comparez-la à la ligne « primes versées ».
- Rester à 100 % en fonds en euros si la garantie est votre unique critère. Toute part en unités de compte, même faible, sort de la garantie. Si vous en voulez malgré tout, nos explications sur les unités de compte en assurance vie montrent où se situe réellement le risque.
- Répartir au-delà de 70 000 € entre plusieurs assureurs. Le plafond du fonds de garantie s’applique par assuré et par entreprise. Deux contrats chez deux compagnies distinctes doublent la couverture.
- Ouvrir tôt, même avec une somme modeste. Prendre date déclenche le compteur des huit ans. C’est la seule protection contre l’impôt qui ne coûte rien.
Certains contrats affichent un taux majoré sur le fonds en euros, à condition d’investir une part minimale en unités de compte. La contrepartie est directe : la fraction en unités de compte n’est plus garantie, et le bonus porte seulement sur la poche en euros. Faites tourner le simulateur ci-dessus avec la part en unités de compte réellement exigée avant de signer, et regardez la ligne « part sans aucune garantie ».
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Une assurance vie sans risque de perte en capital existe-t-elle vraiment ?
Oui, à une condition : que la totalité de l’épargne soit placée sur le fonds en euros. L’assureur garantit alors la valeur de rachat acquise, qui ne peut plus baisser. La nuance est que la garantie porte sur le montant net des frais sur versement, pas sur la somme brute versée, et qu’elle ne protège pas contre l’inflation.
Le fonds en euros peut-il baisser une année ?
Non, la valeur de rachat déjà acquise ne peut pas diminuer. Ce qui peut baisser, c’est le taux de revalorisation servi l’année suivante, qui peut même tomber à zéro. Un rendement nul n’est pas une perte en capital : l’épargne reste intacte en euros, elle cesse simplement de croître.
Peut-on perdre de l’argent sur un contrat en euros à cause des frais ?
Oui, temporairement, et uniquement à cause des frais sur versement. Avec 3 % de frais et un fonds en euros à 2,63 %, la valeur de rachat reste sous le montant versé pendant environ un an. Avec 4,5 % de frais, l’attente passe à trois ans. Les frais de gestion annuels, eux, sont déjà déduits du taux publié et ne peuvent pas rendre la valeur négative.
Que se passe-t-il si mon assureur fait faillite ?
Le fonds de garantie des assurances de personnes reconstitue vos droits à hauteur de 70 000 € de provisions techniques par assuré et par entreprise, et 90 000 € pour certaines rentes (article R. 423-7 du code des assurances). Au-delà de ce plafond, la fraction excédentaire n’est pas couverte. Le fonds ne concerne que les entreprises agréées en France.
L’État peut-il bloquer mon assurance vie ?
Le Haut Conseil de stabilité financière peut limiter temporairement le paiement des valeurs de rachat en cas de menace grave pour la stabilité financière, pour trois mois renouvelables, sans jamais dépasser six mois consécutifs sur les rachats (article L. 631-2-1 du code monétaire et financier). Ce pouvoir n’a jamais été utilisé depuis 2016. Il retarde un paiement, il n’annule pas la garantie.
Le capital est-il garanti brut ou net de frais ?
Net. La garantie porte sur la valeur de rachat, calculée après prélèvement des frais sur versement et déduction des frais de gestion. Une garantie exprimée sur les primes brutes existe chez quelques contrats anciens, mais elle est devenue rare. Vérifiez la formulation exacte dans les conditions générales, et surtout le tableau des valeurs de rachat.
La garantie plancher protège-t-elle mon capital de mon vivant ?
Non. La garantie plancher est une option de prévoyance qui assure à vos bénéficiaires un capital au moins égal aux primes versées, mais elle ne se déclenche qu’au décès. Elle n’a aucun effet sur la valeur de rachat que vous pouvez retirer de votre vivant. Voir notre comparaison des garanties décès de l’assurance vie.
Faut-il un contrat monosupport pour ne prendre aucun risque ?
Ce n’est pas nécessaire. Un contrat multisupport dont l’épargne est intégralement placée sur le fonds en euros offre la même garantie qu’un monosupport, avec l’avantage de pouvoir diversifier plus tard sans ouvrir un nouveau contrat, donc sans perdre l’antériorité fiscale. Le monosupport ferme cette porte.
Le capital garanti est une chose, le rendement réel en est une autre
Une fois la garantie comprise, la vraie question devient ce que votre contrat rapporte sur la durée, frais capitalisés. Nos séries ACPR sur plusieurs années comparent fonds en euros et unités de compte, et montrent ce que les palmarès annuels ne disent pas.
Sources primaires. Code des assurances, articles L. 132-5-2, A. 132-8, A. 522-1, R. 134-1, L. 423-1 et R. 423-7 (Légifrance). Code monétaire et financier, article L. 631-2-1 (Légifrance). Code de la sécurité sociale, article L. 136-7 (Légifrance). ACPR, taux de revalorisation des contrats d’assurance vie, séries 2020 à 2025. INSEE, indice des prix à la consommation, moyennes annuelles 2020 à 2025. impots.gouv.fr, fiche « L’assurance-vie et le PEA », mise à jour du 8 avril 2026. Arrêté du 24 février 2022 portant renforcement de la transparence sur les frais du plan d’épargne retraite et de l’assurance-vie.
Information générale. Cet article a une vocation pédagogique et ne remplace pas un conseil professionnel personnalisé. Les chiffres cités sont ceux connus au 4 août 2026 et la fiscalité comme les plafonds peuvent évoluer. Vérifiez toujours les conditions générales de votre contrat et le tableau des valeurs de rachat remis par votre assureur avant toute décision.
- Assurance vie sans perte de capital : ce que l’assureur garantit vraiment (et le tableau qui le prouve) - 4 août 2026
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- Assurance vie et garantie décès : trois produits différents, et ce que vos proches touchent vraiment - 31 juillet 2026
