Durée viagère ou durée déterminée en assurance vie : ce que cette case du bulletin engage vraiment

Illustration duotone de deux sabliers monumentaux, l'un scelle a sa base, l'autre ouvert dont le sable s'ecoule sans fin, metaphore de la duree determinee et de la duree viagere d'un contrat d'assurance vie

L’essentiel

La durée viagère n’a rien à voir avec la rente viagère. La première est une case du bulletin de souscription, la seconde un mode de sortie. Google lui-même mélange les deux : sur les 20 pages du top pour cette requête, 9 parlent de rente et non de durée.

Un contrat à durée déterminée arrive à un terme, et ce terme déclenche quatre choses : la revalorisation cesse, l’assureur doit vous verser l’épargne, la fiscalité du rachat s’applique, et le cadre successoral de l’assurance vie disparaît.

Proroger ne fait pas perdre l’antériorité fiscale. Le fisc l’écrit noir sur blanc depuis 1995 (BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 § 100). Ce qui la fait perdre, c’est de laisser le contrat se dénouer et d’en rouvrir un autre.

Le simulateur plus bas calcule la date de votre terme, votre antériorité fiscale à cette date, et ce qu’un dénouement forcé vous coûterait.

Au moment de signer une assurance vie, une ligne du bulletin demande la durée du contrat. Deux cases : viagère ou déterminée, avec un nombre d’années à écrire. Beaucoup de souscripteurs cochent sans y penser, parfois parce que le conseiller a déjà pré-rempli. Cette case décide pourtant du jour où le contrat s’arrête tout seul, de ce que vous paierez ce jour-là, et de ce que vos proches toucheront si vous mourez après.

Le sujet est mal servi en ligne, et c’est mesurable. Nous avons lancé la requête « durée viagère assurance vie » sur Google France le 3 août 2026 : sur les 20 résultats organiques, 9 traitent de la rente viagère, c’est-à-dire d’un mode de versement, et pas du tout de la durée du contrat. Une dixième page est un lexique de crédit immobilier. La question posée par l’internaute obtient donc, une fois sur deux, la réponse à une autre question.

Cet article traite la bonne question. Il repart des textes : code des assurances, doctrine fiscale, portail commun des régulateurs. Et il embarque un outil qui traduit votre case durée en dates et en euros.

Illustration duotone opposant un ruban continu et une série de piles de jetons régulières, métaphore de la durée du contrat et de la rente viagère
Deux notions qui portent presque le même nom : une durée qui court sans fin, et des versements réguliers jusqu’au décès.

Durée viagère et rente viagère : deux mots proches, deux sujets sans rapport

La confusion vient de l’adjectif. « Viager » signifie « qui dure autant que la vie ». Il qualifie donc aussi bien la durée d’un contrat que la durée d’un versement. Ce sont deux choses différentes, à deux moments différents de la vie du contrat.

La durée viagère se choisit à la souscription. Elle veut dire : ce contrat n’a pas de date de fin programmée, il s’éteint le jour de votre décès ou le jour où vous décidez de le racheter entièrement. La rente viagère se choisit au moment de sortir, souvent des dizaines d’années plus tard. Elle veut dire : je renonce à mon capital et l’assureur me verse un revenu jusqu’à ma mort.

Un même contrat peut cumuler les deux, ou n’en avoir aucune : on peut souscrire pour une durée viagère et sortir en capital, comme on peut souscrire pour 20 ans et sortir en rente viagère au terme.

Cette confusion n’est pas une lubie de moteur de recherche. Fortuneo la traite explicitement dans sa propre foire aux questions, en une phrase : « Il ne faut donc pas confondre durée viagère et rente viagère. » Quand une banque en ligne consacre une ligne de sa FAQ à démentir un contresens, c’est que le contresens est fréquent.

Capture d'écran de la fiche FAQ de Fortuneo intitulée Qu'est-ce que la durée viagère, qui précise qu'il ne faut pas confondre durée viagère et rente viagère
Fiche FAQ « Qu’est-ce que la durée viagère ? » de Fortuneo, relevée le 3 août 2026. La banque prend soin de séparer les deux notions.
Ce qui les distingue Durée viagère Rente viagère
De quoi on parle La durée du contrat La forme du versement à la sortie
Quand cela se décide À la souscription, sur le bulletin À la sortie, des années plus tard
Effet Le contrat n’a pas de terme programmé Le capital est converti en revenu à vie
Réversible ? Oui, on rachète quand on veut Non, l’aliénation du capital est en principe définitive
Ce qui reste aux proches La totalité de l’épargne, via la clause bénéficiaire Rien, sauf option de réversion souscrite d’avance
Le mot sur le contrat « Durée : viagère » ou « durée : indéterminée » « Sortie en rente » ou « conversion en rente »

Si c’est le second sujet qui vous amène, la sortie en rente est traitée dans notre guide sur les stratégies de revenu complémentaire avec une assurance vie. La suite de cet article ne parle que du premier.

Ce que dit le droit : aucune durée légale, seulement une case du contrat

Première surprise : le code des assurances n’impose aucune durée à une assurance vie. L’article L. 132-1, dans sa version en vigueur depuis le 17 juillet 1992, se contente d’énoncer que « la vie d’une personne peut être assurée par elle-même ou par un tiers ». Ni durée minimale, ni durée maximale, ni durée par défaut. C’est le contrat, et lui seul, qui fixe la règle.

Le fameux « 8 ans » n’est pas une durée de contrat

Les huit ans dont tout le monde parle sont un seuil fiscal, pas une durée d’engagement. Ils viennent de l’article 125-0 A du code général des impôts et ouvrent un abattement annuel sur les produits rachetés. Votre argent n’est jamais bloqué huit ans : un rachat reste possible à tout moment, il est simplement taxé différemment avant ce seuil.

Quand le contrat comporte un terme, le législateur a en revanche prévu une protection précise. Le seizième alinéa de l’article L. 132-22 du code des assurances, dans sa version en vigueur depuis le 24 octobre 2024, oblige l’assureur à envoyer un relevé spécifique un mois avant l’échéance. Le texte mérite d’être lu en entier, parce qu’il contient une information que presque personne ne relaie :

Article L. 132-22, seizième alinéa

« Pour les contrats comportant un terme, l’entreprise d’assurance ou de capitalisation adresse au contractant, un mois avant la date du terme, un relevé d’information spécifique. Ce relevé contient, outre les informations mentionnées aux alinéas précédents, le rappel en caractères très apparents de la date du terme du contrat, et, le cas échéant, de sa prorogation tacite, et du fait que la revalorisation cesse à compter de cette date, sauf stipulation contractuelle contraire. »

Le dix-septième alinéa ajoute que ce relevé est envoyé une seconde fois, un an après le terme, si le contractant ne s’est pas manifesté. Le législateur a donc anticipé le scénario le plus banal : celui du souscripteur qui n’ouvre pas son courrier.

Capture d'écran de l'article L. 132-22 du code des assurances sur Légifrance, montrant l'obligation d'information un mois avant le terme et l'arrêt de la revalorisation
Article L. 132-22 du code des assurances sur Légifrance, version en vigueur depuis le 24 octobre 2024, relevé le 3 août 2026.

Ce qu’un terme déclenche vraiment : quatre effets, pas un

La plupart des pages en ligne résument le terme d’un contrat à durée déterminée par une phrase vague, du type « l’épargne vous est versée ». C’est exact, et très incomplet. Quatre mécanismes se mettent en marche le même jour.

1. La revalorisation s’arrête

C’est l’effet le plus coûteux et le moins connu. Passé le terme, votre épargne ne produit plus rien, sauf si le contrat le prévoit expressément. Le portail commun des régulateurs le dit dans les mêmes termes : « Le capital n’est plus revalorisé après le terme, sauf stipulations contraires dans le contrat. »

2. L’assureur doit vous payer

Il dispose de 15 jours à compter du terme pour réclamer les pièces, puis d’un mois après réception pour verser. Au-delà, les sommes portent intérêt au double du taux légal pendant deux mois, puis au triple. Au second semestre 2026, cela fait 13,68 % puis 20,52 % l’an.

3. La fiscalité du rachat s’applique

Le dénouement au terme est traité comme un rachat total. Les plus-values sont imposées, avec ou sans l’abattement des huit ans selon l’ancienneté atteinte. Une sortie subie n’ouvre aucun régime de faveur particulier.

4. Le cadre successoral disparaît

Un contrat dénoué de votre vivant n’a plus de clause bénéficiaire. L’abattement de 152 500 € par bénéficiaire de l’article 990 I du CGI ne s’applique plus : l’argent redevient de l’épargne ordinaire, taxable aux droits de succession classiques.

Illustration duotone d'un escalier ascendant qui s'interrompt net sur un palier, métaphore de la revalorisation qui cesse au terme du contrat
Le quatrième effet est financier et silencieux : après le terme, la montée s’arrête et le capital dort.

Le quatrième point est celui qui coûte le plus cher aux familles, et il échappe à toute alerte : personne ne vous prévient qu’en laissant votre contrat se dénouer, vous avez sorti plusieurs dizaines de milliers d’euros du régime le plus favorable du droit patrimonial français. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur l’assurance vie dans ou hors succession.

Un contrat échu et oublié finit par changer de mains

L’article L. 132-27-2 du code des assurances, version en vigueur depuis le 24 mai 2019, prévoit que les sommes non réclamées sont déposées à la Caisse des dépôts et consignations dix ans après le décès de l’assuré ou l’échéance du contrat. Elles y restent vingt ans, puis sont acquises à l’État. Un terme non traité peut donc, en trente ans, faire sortir l’épargne du patrimoine familial. La démarche de recherche est décrite dans notre guide comment savoir si on est bénéficiaire d’une assurance vie.

Illustration duotone d'un coffre-fort monumental aux trois quarts enseveli sous le sable, métaphore d'un contrat échu et oublié
Dix ans après l’échéance, un contrat non réclamé quitte l’assureur pour la Caisse des dépôts. Vingt ans plus tard, il quitte la famille.

L’antériorité fiscale : ce que le fisc dit vraiment de la prorogation

C’est le point sur lequel la SERP se trompe le plus souvent. On lit partout qu’une durée déterminée « fait perdre l’antériorité fiscale ». La formule est trop courte, et elle décourage des souscripteurs qui n’ont en réalité aucun problème.

La doctrine administrative est claire, et elle est ancienne. Le Bulletin officiel des finances publiques, au paragraphe 100 du BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 dans sa version du 30 mars 2023, reprend une réponse ministérielle de 1995 :

BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 100

« La RM Dutreil n° 26186, JO AN du 20 novembre 1995, p. 4926 précise également que la simple prorogation de la durée d’un contrat d’assurance-vie est sans incidence sur le régime fiscal applicable qui est fonction de la date de souscription du contrat, à la condition toutefois que ce contrat n’ait pas fait l’objet de modifications substantielles. Cette doctrine est applicable mutatis mutandis à la tacite reconduction avec la même réserve. »

Capture d'écran du paragraphe 100 du BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 sur bofip.impots.gouv.fr, consacré à la prorogation d'un contrat d'assurance vie
Le paragraphe 100 du BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, version du 30 mars 2023, relevé sur bofip.impots.gouv.fr le 3 août 2026.

Autrement dit : proroger un contrat, tacitement ou sur demande, ne remet aucun compteur à zéro. Le régime fiscal reste attaché à la date de souscription d’origine. Un contrat souscrit en 2004 avec un terme à 2024, prorogé d’année en année, a toujours 22 ans d’ancienneté fiscale en 2026.

Illustration duotone d'une racine unique traversant cinq strates géologiques sans se rompre, métaphore de l'antériorité fiscale conservée à travers les prorogations
L’antériorité fiscale suit le contrat, pas ses renouvellements. Elle ne se rompt que si le contrat meurt.

Ce qui fait réellement perdre l’antériorité, c’est autre chose :

  • Laisser le contrat se dénouer au terme et en rouvrir un neuf. Le nouveau contrat repart à zéro année d’ancienneté, quel que soit votre âge et quel que soit le montant réinvesti.
  • Le refus de prorogation par l’assureur, quand le contrat le lui permet. Il restitue les fonds, et vous n’avez pas d’autre choix que de repartir.
  • Une modification substantielle de l’économie du contrat, réserve expresse du BOFiP. Le même texte précise en revanche, au paragraphe 110, que le simple versement de primes nouvelles non prévues à l’origine n’en est pas une.

La nuance a un poids réel : entre un rachat à sept ans et un rachat à huit ans révolus, l’écart de taux d’impôt sur le revenu est de 12,8 % contre 7,5 %, et un abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € apparaît. Le détail complet de ces régimes se trouve dans notre guide sur la fiscalité de l’assurance vie.


Outil : votre case durée, décodée

Renseignez les six informations que porte votre bulletin de souscription ou votre dernier relevé annuel. L’outil calcule la date de votre terme, l’ancienneté fiscale que le contrat aura atteinte à ce moment-là, et le coût d’un dénouement à cette date.

Votre case durée, décodée

Six champs, une lecture claire de ce que votre contrat déclenchera.

Votre foyer fiscal

Vous ne savez pas ce que dit votre contrat

Tant que la clause n’est pas lue, le scénario le plus défavorable reste possible : un versement automatique du capital au terme, sans prorogation. C’est aussi la situation la plus fréquente, parce que le bulletin de souscription dort dans un dossier depuis des années.

Net encaissé si le contrat se dénoue au terme

55 899 €

Sur 60 000 € d’épargne au terme, dont 18 000 € de plus-values imposables.

Abattement des 8 ans acquis

Date du terme

2032, dans 6 ans

Antériorité fiscale à cette date

20 ans

Impôt sur le revenu

1 005 €

Prélèvements sociaux

3 096 €

Ce que vous avez à faire

Sortez les conditions générales et cherchez le mot « terme » ou « prorogation ». Si vous ne les retrouvez pas, demandez-les par écrit à votre assureur : l’article L. 132-22 lui impose de vous informer de la date d’échéance de votre contrat.

Épargne prise en compte60 000 €
Plus-values imposables (30 % de l’épargne)18 000 €
Abattement annuel appliqué4 600 €
Base imposable à l’impôt sur le revenu13 400 €
Taux d’impôt sur le revenu retenu7,5 %
Impôt sur le revenu1 005 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)3 096 €
Total prélevé4 101 €
Hypothèses et limites de ce calcul
  • Le calcul retient le régime des primes versées depuis le 27 septembre 2017 : prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % avant huit ans, puis 7,5 % après abattement au-delà, et 12,8 % sur la fraction correspondant à des primes nettes supérieures à 150 000 €.
  • Les prélèvements sociaux sont calculés à 17,2 % sur la totalité des plus-values. Sur un fonds en euros, ils sont en pratique déjà prélevés chaque année : le montant affiché correspond au cas d’un contrat majoritairement investi en unités de compte.
  • L’épargne saisie est prise telle quelle, sans projection de rendement jusqu’au terme. Un terme lointain donnera donc un montant plus élevé en réalité.
  • L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € est annuel et commun à tous vos contrats. Si vous avez déjà racheté ailleurs la même année, il est entamé.
  • Les contrats souscrits avant 1991 relèvent de régimes antérieurs, avec un seuil à six ans pour les plus anciens. Le simulateur ne les traite pas.
  • Information générale à visée pédagogique. Elle ne remplace pas la lecture de vos conditions générales ni l’avis d’un conseiller.

Un contrat déjà arrivé à terme n’est pas une situation rare. Si le vôtre affiche une date passée, la question n’est plus de savoir quoi choisir, mais de savoir ce qu’il est advenu de l’épargne depuis. C’est le sens de la deuxième colonne des cartes ci-dessous.

Les cinq clauses de terme, et ce que chacune déclenche

Le terme n’a pas les mêmes conséquences selon ce que votre contrat prévoit après lui. Le portail commun de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF résume les deux mécanismes officiels : la clause de prorogation tacite, qui reconduit le contrat « dans les mêmes conditions, pendant généralement des périodes successives d’un an », et à son défaut la faculté de prolonger pour une durée fixe. Voici les cinq cas que l’on rencontre concrètement, avec ce que chacun produit avant et après la date fatidique.

Clause 1

Durée viagère, aucun terme

Ce que cela produit

Rien ne se déclenche jamais tout seul. Le contrat court jusqu’à votre décès ou jusqu’au rachat total que vous demanderez. Aucune date à surveiller, aucun courrier à ne pas rater, aucune revalorisation qui s’interrompt. C’est le réglage par défaut de la quasi-totalité des contrats en ligne ouverts aujourd’hui.

Si le terme est déjà dépassé

Sans objet : ce contrat n’a pas de terme à dépasser.

Votre geste

Vérifiez simplement que la mention figure bien sur votre relevé annuel, sous la forme « durée : viagère » ou « durée : indéterminée ». Puis passez à des sujets plus utiles, comme la rédaction de votre clause bénéficiaire.

Clause 2

Prorogation tacite d’année en année

Si le terme est encore à venir

Le contrat se reconduira seul, par périodes d’un an, dans les mêmes conditions, sauf demande contraire de votre part. Vous recevrez le relevé spécifique un mois avant, mais vous n’aurez rien à faire. L’antériorité fiscale est conservée, la doctrine administrative l’écrit expressément pour la tacite reconduction.

Si le terme est déjà dépassé

Le contrat a très probablement continué sans vous. Reste à vérifier deux points sur votre dernier relevé : que la revalorisation a bien suivi, et que l’assureur n’a pas usé d’une faculté de refus de reconduction prévue au contrat.

Votre geste

Conservez le relevé spécifique reçu avant le terme : c’est la preuve de la prorogation et de sa date. Comparez la valeur de rachat d’avant et d’après le terme pour vous assurer que la revalorisation ne s’est pas arrêtée.

Clause 3

Prorogation seulement sur votre demande

Si le terme est encore à venir

Le contrat ne survit que si vous écrivez. Le silence vaut dénouement : au terme, l’assureur enclenche le versement, et votre ancienneté fiscale s’éteint avec le contrat. La fenêtre pour réagir est celle du relevé spécifique, envoyé un mois avant l’échéance.

Si le terme est déjà dépassé

Si vous n’avez rien demandé, le contrat s’est éteint et l’épargne a été versée, ou attend sur un compte d’attente. Dans les deux cas, votre antériorité fiscale est perdue et les prélèvements ont été opérés à la date du terme.

Votre geste

Écrivez à l’assureur dès maintenant, sans attendre le relevé, pour demander la prorogation par écrit et en garder la trace. Une lettre recommandée ou un message dans l’espace client daté suffisent.

Clause 4

Versement du capital au terme

Si le terme est encore à venir

Le dénouement est programmé et vous ne pouvez pas l’empêcher unilatéralement. Deux conséquences à anticiper : l’impôt tombera à une date que vous n’avez pas choisie, et vos unités de compte seront liquidées à la valeur du jour, même si les marchés sont bas.

Si le terme est déjà dépassé

L’assureur avait 15 jours pour vous réclamer les pièces et un mois pour payer après les avoir reçues. S’il a dépassé ce délai, les sommes portent intérêt au double du taux légal pendant deux mois, puis au triple, soit 13,68 % puis 20,52 % l’an au second semestre 2026.

Votre geste

Négociez un transfert ou une transformation avant le terme plutôt qu’après, et sécurisez vos unités de compte en amont si le terme approche. Après le terme, réclamez les intérêts de retard s’il y a lieu.

Clause 5

Vous ne savez pas ce que dit votre contrat

Si le terme est encore à venir

Tant que la clause n’est pas lue, le scénario le plus défavorable reste possible : un versement automatique du capital au terme, sans prorogation. C’est aussi la situation la plus fréquente, parce que le bulletin de souscription dort dans un dossier depuis des années.

Si le terme est déjà dépassé

Le contrat peut être toujours vivant, ou éteint depuis des années sans que vous l’ayez remarqué. Le point de départ est le même dans les deux cas : obtenir de l’assureur la date du terme et la clause qui s’y applique.

Votre geste

Sortez les conditions générales et cherchez le mot « terme » ou « prorogation ». Si vous ne les retrouvez pas, demandez-les par écrit à votre assureur : l’article L. 132-22 lui impose de vous informer de la date d’échéance de votre contrat.

Quand la durée déterminée a quand même du sens

Les comparatifs en ligne concluent presque tous à la supériorité de la durée viagère. Le jugement est juste dans la majorité des cas, mais il est un peu court. Trois situations justifient encore une durée fixe.

  • Un objectif daté et sérieusement engagé. Financer des études, un apport immobilier, la fin d’un crédit : un terme calé sur l’échéance transforme une intention en contrainte. Ce n’est pas un argument financier, c’est un argument comportemental, et il vaut ce qu’il vaut selon les gens.
  • Un contrat de capitalisation d’entreprise ou un montage sur mesure, où la date de dénouement est un paramètre du montage juridique et non un oubli.
  • Un très vieux contrat à conditions financières exceptionnelles, avec un taux minimum garanti hérité des années 1980 ou 1990. Ici la durée fixe n’est pas un choix, c’est ce qui rend le taux tenable pour l’assureur. Le raisonnement bascule : ce n’est plus vous qui décidez de proroger, c’est l’assureur qui peut refuser de le faire.

Le vrai test à se poser

Demandez-vous ce que vous voulez qu’il se passe si vous ne faites rien. Si la réponse est « que le contrat continue », la durée viagère est la bonne case. Si la réponse est « que l’argent revienne sur mon compte », la durée déterminée fait le travail. Un contrat bien réglé est un contrat dont l’inaction produit le résultat souhaité.

Vérifier votre propre contrat, en quatre gestes

  1. Trouvez la ligne « durée » sur le bulletin ou le relevé annuel. Elle porte soit la mention « viagère », soit un nombre d’années suivi d’une date d’échéance. L’article L. 132-22 oblige l’assureur à vous communiquer cette date d’échéance : si elle n’apparaît nulle part, réclamez-la.
  2. Cherchez le mot « prorogation » dans les conditions générales. C’est lui qui décide de tout. Trois formulations existent : reconduction tacite, prorogation sur demande, ou rien du tout, ce qui signifie versement au terme.
  3. Regardez si l’assureur s’est réservé un droit de refus. Certaines clauses de tacite reconduction sont assorties d’une faculté de refus pour l’assureur, notamment sur les vieux contrats à taux garanti. Cette ligne change la nature du risque.
  4. Notez la date du terme dans votre agenda, treize mois avant. Le relevé spécifique arrive un mois avant l’échéance, ce qui est court pour arbitrer des unités de compte ou négocier une prorogation. Un rappel un an plus tôt vous laisse le temps de décider au lieu de subir.

Les risques à connaître

Le dénouement d’un contrat au terme n’est pas neutre. Il fige une fiscalité à une date que vous n’avez pas choisie, il éteint l’antériorité fiscale acquise, il fait sortir l’épargne du régime de l’article 990 I du CGI, et il liquide vos unités de compte à leur valeur du jour, qui peut être inférieure aux sommes versées. Sur un contrat en unités de compte, la perte en capital est possible et l’assureur ne garantit que le nombre d’unités, pas leur valeur. Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil professionnel adapté à votre situation, auprès de votre assureur, d’un conseiller en gestion de patrimoine ou d’un notaire.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une assurance vie à durée déterminée ?

C’est un contrat dont la date de fin est fixée dès la souscription, souvent 8, 10 ou 20 ans. Au terme, si l’assuré est vivant, l’assureur doit lui verser l’épargne constituée, sous forme de capital ou de rente selon ce que prévoit le contrat. Beaucoup de ces contrats comportent une clause de prorogation qui évite ce dénouement, mais elle n’est pas systématique et elle n’est pas toujours automatique.

Qu’est-ce que la durée viagère d’une assurance vie ?

C’est une durée indéterminée : le contrat n’a pas de date de fin programmée et prend fin au décès de l’assuré, ou plus tôt si le souscripteur demande un rachat total. Aucune loi n’impose cette durée, c’est un choix contractuel, devenu le réglage standard des contrats commercialisés en ligne.

Une durée déterminée fait-elle perdre l’antériorité fiscale ?

Non, pas en elle-même. La doctrine fiscale précise que la simple prorogation d’un contrat, comme sa tacite reconduction, est sans incidence sur le régime fiscal, qui dépend de la date de souscription, sous réserve que le contrat n’ait pas subi de modifications substantielles (BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 100). Ce qui fait perdre l’antériorité, c’est de laisser le contrat se dénouer et d’en ouvrir un nouveau.

Quelle est la date de fin d’un contrat d’assurance vie ?

Il n’y en a pas obligatoirement. Un contrat à durée viagère n’a pas de date de fin. Un contrat à durée déterminée en a une, et l’assureur doit vous la communiquer : l’article L. 132-22 du code des assurances l’impose, et lui fait envoyer un relevé spécifique un mois avant, avec le rappel de la date « en caractères très apparents ».

Mon assurance vie arrive à terme, que dois-je faire ?

Deux gestes, dans cet ordre. D’abord vérifier dans les conditions générales si une prorogation est prévue, tacite ou sur demande, et le cas échéant la demander par écrit avant la date. Ensuite, si le dénouement est inévitable, préparer la sortie : sécuriser les unités de compte, vérifier que l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € n’a pas déjà été consommé cette année, et anticiper le fait que le capital ne sera plus revalorisé après le terme.

Peut-on changer la durée de son contrat après la souscription ?

Cela dépend de l’assureur, mais la demande est courante et se traite par avenant. Il est possible de demander le passage d’une durée fixe à une durée viagère, ou l’inverse. Faites-le par écrit et conservez la réponse : c’est cet avenant qui prouvera, plus tard, que le contrat n’a pas été dénoué et que son ancienneté fiscale court toujours depuis l’origine.

Que se passe-t-il si personne ne réclame l’épargne au terme ?

L’assureur renvoie le relevé spécifique un an après le terme si le contractant ne s’est pas manifesté. Passé dix ans à compter de l’échéance, les sommes non réclamées sont déposées à la Caisse des dépôts et consignations (article L. 132-27-2 du code des assurances). Elles y restent vingt ans, puis sont acquises à l’État. Elles peuvent être recherchées entre-temps via le service Ciclade.

Durée viagère et rente viagère, quelle différence exactement ?

La durée viagère décrit la vie du contrat : il n’a pas de terme. La rente viagère décrit une manière d’en sortir : le capital est converti en revenu versé jusqu’au décès. L’une se coche à l’entrée, l’autre se décide à la sortie. Un contrat à durée viagère peut se dénouer en capital, et un contrat à durée déterminée peut prévoir une sortie en rente à son terme.

Votre terme approche, ou vient de passer ?

Le coût réel d’un dénouement dépend du régime fiscal applicable à chacune de vos primes, et il change selon leur date de versement. Notre guide détaille les trois régimes qui cohabitent aujourd’hui et la manière de calculer ce que vous devez.

Comprendre la fiscalité de l’assurance vie

Pour aller plus loin sur les sorties choisies plutôt que subies, notre simulateur de rachat programmé calcule le revenu net que vous pouvez tirer d’un contrat et la durée pendant laquelle il tiendra.

Sources primaires consultées le 3 août 2026. Code des assurances, articles L. 132-1 (version du 17 juillet 1992), L. 132-22 (version en vigueur depuis le 24 octobre 2024) et L. 132-27-2 (version du 24 mai 2019), sur Légifrance. Bulletin officiel des finances publiques, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, § 100 et § 110, version du 30 mars 2023, reprenant la réponse ministérielle Dutreil n° 26186 (JO AN du 20 novembre 1995, p. 4926). BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, version du 30 juin 2022, pour le régime des produits rachetés. ABE Infoservice, portail commun de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF, fiche « Que se passe-t-il à la fin du contrat d’assurance vie ? », mise à jour du 2 janvier 2025. Taux de l’intérêt légal du second semestre 2026 fixé à 6,84 % pour les créances des personnes physiques n’agissant pas pour des besoins professionnels, arrêté du 26 juin 2026. Fortuneo, fiche FAQ « Qu’est-ce que la durée viagère ? ». Analyse de la page de résultats Google France du 3 août 2026 pour les requêtes « durée viagère assurance vie », « assurance vie durée viagère ou déterminée », « rente viagère assurance vie » et « durée du contrat d’assurance vie », 20 résultats organiques par requête.

Amandine Carpentier

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