L’essentiel
Depuis le 1er janvier 2026, les deux placements ne sont plus imposés au même taux. Les intérêts d’un compte à terme supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, l’assurance vie reste à 17,2 %. La flat tax du compte à terme est donc passée à 31,4 %, celle de l’assurance vie est restée à 30 % avant 8 ans et tombe à 24,7 %, voire 17,2 %, après.
Conséquence chiffrée : face à un fonds euros à 2,63 % logé dans un contrat de plus de 8 ans, il faut un compte à terme à 3,17 % brut pour faire jeu égal. Les taux relevés par la Banque de France en juin 2026 sont de 2,30 % à moins de deux ans et 2,85 % au-delà.
Mais le compte à terme gagne dans trois cas précis : horizon court avec un contrat d’assurance vie à ouvrir et à frais d’entrée, foyer non imposable, et besoin d’une date de sortie certaine. Le calculateur plus bas donne le taux exact qui fait basculer votre situation.
« Compte à terme ou assurance vie » est une question de rendement pour à peu près tout le monde, et une question de fiscalité pour l’administration. Depuis le début de l’année 2026, c’est la fiscalité qui a bougé, pas le rendement. Un article de la loi de financement de la sécurité sociale a creusé un écart de 1,4 point de prélèvements sociaux entre les deux produits, et cet écart change mécaniquement le taux à partir duquel un compte à terme devient le bon choix.
Nous avons repris la question à zéro : les textes en vigueur au 11 août 2026, les taux réellement servis d’après la Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, et un calculateur qui répond à la seule question qui compte, celle du taux qu’il vous faut. Vous verrez aussi que le compte à terme coûte parfois au-delà de sa propre fiscalité, par un canal dont aucune des huit pages les mieux classées sur cette requête ne parle.
Cet article présente une information générale, à jour au 11 août 2026, et ne remplace pas un conseil personnalisé de votre conseiller bancaire, de votre courtier, de votre notaire ou de votre avocat fiscaliste. Les taux cités sont datés et changent. Aucun placement présenté ici ne garantit un rendement futur.
Ce qui a changé le 1er janvier 2026
Jusqu’aux revenus de 2025, la réponse était simple : tous les revenus de placement supportaient 17,2 % de prélèvements sociaux, compte à terme comme assurance vie. Ce n’est plus vrai.
L’article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 fait deux choses dans le même mouvement. Il remplace, au 2° du I de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, « le taux : « 9,2 % » » par « le taux : « 10,6 % » » pour la contribution sociale généralisée assise sur les produits de placement. Puis il rétablit un IV qui maintient la CSG à 9,2 % pour une liste limitative de placements, dont le 4° vise « les produits mentionnés au 3° du même II » de l’article L. 136-7, c’est-à-dire précisément « les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, ainsi qu’aux placements de même nature mentionnés à l’article 125-0 A du code général des impôts ». L’assurance vie est là, nommée par renvoi.

Le compte à terme, lui, n’est dans aucune des cinq catégories du IV. Ses intérêts relèvent du I de l’article L. 136-7, celui des produits de placement soumis au prélèvement de l’article 125 A du code général des impôts. Cet article vise les personnes physiques qui bénéficient « d’intérêts, arrérages et produits de toute nature de fonds d’Etat, obligations, titres participatifs, bons et autres titres de créances, dépôts, cautionnements et comptes courants ». Un compte à terme est un dépôt. Il bascule donc à 10,6 % de CSG.

À la CSG s’ajoutent la contribution au remboursement de la dette sociale, à 0,5 %, et le prélèvement de solidarité, fixé à 7,5 % par le III de l’article 235 ter du code général des impôts. L’addition donne 18,6 % d’un côté, 17,2 % de l’autre. La fiche Prélèvements sociaux (CSG, CRDS) sur les revenus du patrimoine et de placements de service-public.gouv.fr, vérifiée le 30 juin 2026, publie les deux tableaux côte à côte et parle désormais d’un « prélèvement forfaitaire unique (PFU), appelé également flat tax au taux de 31,4 % (ou de 30 %) ».
Face à face
Tout ce qui sépare les deux placements
Avant les calculs, le tableau des différences réelles. Il porte sur un compte à terme classique et sur le fonds en euros d’un contrat d’assurance vie, qui est le seul support comparable puisque c’est le seul dont le capital est garanti.
| Critère | Compte à terme | Assurance vie, fonds en euros |
|---|---|---|
| Disponibilité | Bloquée jusqu’au terme. Sortie anticipée possible mais pénalisée, aux conditions du contrat | Rachat possible à tout moment, versé dans un délai « qui ne peut excéder deux mois » (C. assur. art. L. 132-21) |
| Taux, contrats nouveaux | 2,30 % jusqu’à 2 ans, 2,85 % au-delà (Banque de France, juin 2026) | 2,63 % en moyenne en 2025, net de frais de gestion (ACPR) |
| Le taux est | Fixe, connu et garanti dès la souscription | Fixé chaque année par l’assureur, jamais garanti d’avance |
| Prélèvements sociaux | 18,6 %, au versement des intérêts | 17,2 %, chaque année sur les intérêts crédités |
| Impôt sur le revenu | 12,8 %, dès le premier euro | 0 %, 7,5 % ou 12,8 % au rachat seulement, selon l’ancienneté et les primes |
| Abattement annuel | Aucun | 4 600 € seul, 9 200 € en couple, après 8 ans |
| Effet sur le revenu fiscal de référence | Les intérêts y entrent au premier euro | Rien tant qu’il n’y a pas de rachat, et les gains sous abattement n’y sont pas réintégrés |
| Garantie en cas de défaillance | 100 000 € par déposant, partagés avec vos autres comptes de la même banque | 70 000 € par assuré et par entreprise d’assurance |
| Blocage possible par l’autorité | Aucun dispositif | Rachats suspendables par le HCSF, six mois consécutifs au maximum |
| Frais | Aucun frais d’entrée ni de gestion en général | 0 % à 3 % sur chaque versement selon le distributeur. Les frais de gestion sur encours, 0,63 % en moyenne en 2025, sont déjà déduits du taux de 2,63 % |
| Au décès | Entre dans la succession, droits de mutation au barème | Hors succession en principe, abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans |
Deux remarques sur l’abattement, avant les calculs. Il ne porte que sur les gains retirés dans l’année, jamais sur le capital. Et il ne neutralise que l’impôt sur le revenu : le Bulletin officiel des finances publiques est explicite, « il n’est pas tenu compte de cet abattement pour la détermination des prélèvements sociaux ». Les 17,2 % restent dus dans tous les cas. Parler de « la » fiscalité de l’assurance vie n’a d’ailleurs pas de sens : il y en a quatre, et le tableau des six régimes affiché à l’intérieur du calculateur plus bas les tient tous, avec le texte qui les fonde.
Les taux réels
Ce que rapportent vraiment les deux placements en 2026
La Banque de France publie chaque mois le Stat Info des taux de rémunération des dépôts bancaires. Celui de juin 2026, diffusé le 31 juillet, donne pour les ménages, sur les contrats nouveaux, 2,30 % pour les dépôts à terme de deux ans au plus et 2,85 % au-delà de deux ans. Sur les encours déjà constitués, 2,26 % et 2,45 %. Pour situer, le livret A est à 1,50 % et les livrets ordinaires à 0,75 %.

En face, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a mesuré le taux de revalorisation moyen des supports en euros des contrats d’assurance vie individuels à 2,63 % en 2025, stable par rapport à 2024, sur un encours de 1 207 milliards d’euros (Analyses et Synthèses n° 180, 30 juin 2026). Ce taux est net des frais de gestion prélevés sur l’encours, mais avant prélèvements sociaux. L’ACPR précise que l’écart entre contrats est « d’au moins 0,4 point de pourcentage » autour de cette moyenne, ce qui n’est pas un détail quand on compare à 0,55 point près.
Appliquons maintenant l’impôt de chaque côté, sur un an, sans capitalisation, pour isoler le seul effet fiscal.
| Placement, au taux constaté | Fiscalité appliquée | Ce qui reste, par an |
|---|---|---|
| Compte à terme, 2,30 % brut, deux ans au plus | 31,4 % | 1,58 % |
| Compte à terme, 2,85 % brut, plus de deux ans | 31,4 % | 1,96 % |
| Fonds euros, 2,63 %, contrat de moins de 8 ans | 30,0 % | 1,84 % |
| Fonds euros, 2,63 %, plus de 8 ans, gains au-delà de l’abattement | 24,7 % | 1,98 % |
| Fonds euros, 2,63 %, plus de 8 ans, gains couverts par l’abattement | 17,2 % | 2,18 % |
| Compte à terme, 2,85 % brut, foyer non imposable | 18,6 % | 2,32 % |
La lecture est immédiate. Le meilleur compte à terme du marché, à 2,85 % brut, laisse 1,96 % net par an. Le fonds euros moyen, moins bien rémunéré sur le papier, en laisse 2,18 % dès lors que les gains retirés tiennent dans l’abattement annuel, et 1,98 % au-delà. Un placement qui affiche 0,22 point de moins rapporte donc jusqu’à 0,22 point de plus. Et la dernière ligne montre le retournement : pour un foyer non imposable qui opte pour le barème, le même compte à terme repasse devant tout le monde, à 2,32 %.
3,17 %
C’est le taux brut qu’un compte à terme doit servir pour égaler, après impôt, un fonds euros à 2,63 % logé dans un contrat de plus de 8 ans dont les gains restent dans l’abattement. Aucun taux relevé par la Banque de France en juin 2026 n’atteint ce niveau.
Le calculateur
Le taux de compte à terme qu’il vous faut
Le chiffre de 3,17 % vaut pour une situation précise. Le vôtre dépend de la durée, des frais de votre contrat, de son ancienneté, de votre foyer et du fait que vous soyez imposable ou non. Réglez les huit paramètres ci-dessous : le calculateur applique les taux du tableau de référence, qui reste visible à l’intérieur de l’outil.
Compte à terme ou assurance vie : le taux qui fait basculer
Un calculateur de comparaison. Il applique les six régimes du tableau de référence affiché plus bas dans cet encadré.
Le taux de compte à terme qu’il vous faudrait
3,17 %
pour faire jeu égal avec un fonds euros à 2,63 % sur 4 ans, une fois l’impôt payé des deux côtés.
Votre compte à terme rend 1,96 % net par an
Additionnée sur 4 ans, l’assurance vie ressort 473 € au-dessus du compte à terme. Il faudrait un compte à terme à 3,17 % brut pour effacer cet écart.
Ce que laisse le compte à terme
54 026 €
Ce que laisse l’assurance vie
54 500 €
Écart, en faveur de l’assurance vie
473 €
Taux net annuel du compte à terme
1,96 %
Intérêts bruts du compte à terme, cumulés5 869 €
Impôt et prélèvements sociaux du compte à terme, à retrancher1 843 €
Frais sur versement de l’assurance vie, à retrancher0 €
Prélèvements sociaux de l’assurance vie, prélevés chaque année972 €
Impôt sur le revenu de l’assurance vie, dû au rachat0 €
Écart entre les deux, au terme473 €
Hypothèses de calcul, à lire avant d’interpréter. Compte à terme : intérêts versés chaque année, imposés l’année de leur versement, montant net replacé au même taux jusqu’au terme. Assurance vie : prélèvements sociaux acquittés chaque année sur les intérêts du fonds euros, comme le prévoit le a du 3° du II de l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale, puis rachat total au terme, l’impôt sur le revenu portant sur la différence entre les sommes remboursées et les primes versées. L’abattement annuel n’est compté qu’une fois, l’année du rachat. Aucune inflation, aucun frais d’arbitrage, aucun bonus commercial, aucune variation de taux en cours de route. « Foyer non imposable » suppose une tranche marginale à 0 % et l’option pour le barème progressif, qui est globale et vaut pour tous vos revenus de capitaux mobiliers de l’année.
| Situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total | Fondement |
|---|---|---|---|---|
| Compte à terme, cas général | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % | CGI art. 200 A, 1, B, 1° ; CSS art. L. 136-8, I, 2° |
| Compte à terme, foyer non imposable ayant opté pour le barème | 0 % | 18,6 % | 18,6 % | CGI art. 200 A, 2 |
| Assurance vie, rachat avant 8 ans | 12,8 % | 17,2 % | 30,0 % | CGI art. 125-0 A, II, 2, a ; CSS art. L. 136-8, IV, 4° |
| Assurance vie, 8 ans et plus, gains couverts par l’abattement annuel de 4 600 € seul ou 9 200 € en couple | 0 % | 17,2 % | 17,2 % | CGI art. 125-0 A, I, 1°, 4e alinéa |
| Assurance vie, 8 ans et plus, gains au-delà de l’abattement | 7,5 % | 17,2 % | 24,7 % | CGI art. 125-0 A, II, 2, b |
| Assurance vie, part des gains rattachée aux primes au-delà de 150 000 € | 12,8 % | 17,2 % | 30,0 % | CGI art. 200 A, 1, B, 2°, b |
Contrat de plus de 8 ans, 50 000 € sur 4 ans, compte à terme à 2,85 % : l’assurance vie ressort 473 € devant, et il faudrait 3,17 % pour l’égaler. Même montant sur 2 ans, mais contrat à ouvrir dans un réseau bancaire à 3 % de frais d’entrée : le compte à terme ressort 1 420 € devant. Contrat de plus de 8 ans, 4 ans, foyer non imposable : le compte à terme repasse devant de 304 €.
Le calendrier de l’impôt
Le détail qui décide : quand l’impôt est prélevé
Comparer deux taux d’imposition ne suffit pas. Le moment où l’impôt tombe compte presque autant que son taux, et sur ce point les deux produits fonctionnent différemment.
Le fonds euros paie ses prélèvements sociaux chaque année
C’est l’idée reçue la plus tenace : non, l’assurance vie ne reporte pas tout à la sortie. Le a du 3° du II de l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale soumet les produits « lors de leur inscription au bon ou contrat » pour les droits exprimés en euros. Autrement dit, chaque 31 décembre, votre assureur ponctionne 17,2 % des intérêts que le fonds euros vient de créditer, y compris sur la poche en euros d’un contrat multisupport. Ces 17,2 % ne travaillent plus pour vous. Dans le calcul par défaut du simulateur, cela représente 972 € prélevés au fil de l’eau sur quatre ans. Le sujet est détaillé dans notre article sur les prélèvements sociaux de l’assurance vie.
Ce qui est réellement reporté, c’est l’impôt sur le revenu, dû seulement au rachat, et seulement sur la part de gains retirée. Un contrat qu’on ne touche pas ne déclenche aucun impôt sur le revenu, jamais.
Le compte à terme est imposé au fil des versements d’intérêts
Côté compte à terme, l’imposition suit le versement des intérêts. La banque applique à la source un prélèvement forfaitaire de 12,8 % (III bis de l’article 125 A du CGI) et les 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce prélèvement de 12,8 % n’est pas libératoire : il s’impute sur l’impôt dû l’année suivante et l’excédent est restitué. Un foyer dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple peut en demander la dispense, par attestation sur l’honneur remise à la banque au plus tard le 30 novembre de l’année précédente (article 242 quater du CGI). C’est une question de trésorerie, pas d’impôt final.
Trois points de calcul que presque personne n’écrit
- L’abattement est annuel, et il se pilote. 4 600 € de gains pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, chaque année civile. Étaler un gros rachat sur deux années civiles peut suffire à annuler l’impôt sur le revenu. Notre guide de la fiscalité des rachats d’assurance vie détaille le mécanisme.
- L’assiette de l’impôt, c’est le gain net des frais d’entrée. L’article 125-0 A définit les produits comme « la différence entre, d’une part, les sommes remboursées au bénéficiaire et, d’autre part, le montant des primes versées ». Les primes versées, c’est ce que vous avez sorti de votre poche, frais compris. Des frais d’entrée réduisent donc le gain imposable, faible consolation pour un coût bien réel.
- L’abattement s’impute d’abord sur la fraction taxée à 7,5 %. Le 5e alinéa du 1° du I de l’article 125-0 A l’ordonne ainsi, puis le reliquat va sur la fraction à 12,8 %. Cela ne change rien tant que vos primes restent sous 150 000 €, et cela change le résultat au-delà. Le calculateur applique cet ordre.
Le coût invisible
Le compte à terme coûte parfois au-delà de sa propre fiscalité
Voici le point qu’aucune des huit pages les mieux classées sur cette requête ne mentionne, vérification faite le 11 août 2026 : les intérêts d’un compte à terme entrent dans votre revenu fiscal de référence, et le revenu fiscal de référence pilote une série de droits qui n’ont rien à voir avec l’épargne.

Le IV de l’article 1417 du code général des impôts définit ce revenu comme le montant net « des revenus et plus-values retenus pour l’établissement de l’impôt sur le revenu ». Depuis 2018, les intérêts soumis au prélèvement forfaitaire unique sont retenus pour l’établissement de l’impôt : ils y sont donc, au premier euro. Le même article dresse ensuite la liste limitative des abattements réintégrés au revenu fiscal de référence, et l’abattement de 4 600 € ou 9 200 € de l’article 125-0 A n’y figure pas. Un gain d’assurance vie couvert par l’abattement ne gonfle pas votre revenu fiscal de référence. Un intérêt de compte à terme, si.
Ce que le revenu fiscal de référence commande, entre autres :
- Le taux de CSG sur vos pensions de retraite. Les III et III bis de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale fixent trois taux, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %, selon des seuils de revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année, actuellement 11 128 €, 14 548 € et 22 580 € pour la première part de quotient familial. Franchir un seuil ne coûte pas quelques euros : il change le taux appliqué à l’ensemble de la pension.
- L’exonération de taxe foncière des personnes âgées ou modestes, dont le I du même article 1417 fixe le plafond à 12 793 € pour la première part.
- La dispense de prélèvement forfaitaire elle-même, aux seuils de 25 000 € et 50 000 € déjà cités.
Un retraité qui place 60 000 € sur un compte à terme à 2,85 % encaisse 1 710 € d’intérêts bruts la première année, et en garde 1 173 € après la flat tax. Si son revenu fiscal de référence était juste sous le seuil de 14 548 €, ces 1 710 € le font passer du taux de CSG de 3,8 % à celui de 6,6 % sur ses pensions. Sur une pension de 20 000 € par an, 2,8 points de plus, cela fait 560 € de CSG supplémentaire, soit près de la moitié du gain net du placement, et cela pendant toute la durée où le seuil reste franchi. Les mêmes intérêts logés dans un fonds euros et laissés sur le contrat ne produisent aucun effet de ce genre, puisqu’il n’y a pas de rachat. Vérifiez votre position par rapport aux seuils avant d’arbitrer : votre avis d’imposition indique votre revenu fiscal de référence en première page.
Les risques
Ce que vous risquez de chaque côté
Les deux placements sont présentés comme sûrs. Ils ne le sont pas de la même façon, et aucun des deux n’est sans risque.
Le compte à terme
- L’argent est bloqué pendant la durée convenue. Aucun texte n’encadre les conditions de sortie anticipée : elles sont purement contractuelles, à la différence de l’assurance vie dont le délai de versement est plafonné par la loi. En pratique, la banque applique un préavis et une pénalité, le plus souvent un taux réduit appliqué à toute la période écoulée. Lisez cette clause avant de signer, c’est elle qui définit votre vrai risque de liquidité.
- Le taux est fixe, l’inflation ne l’est pas. Un taux garanti sur cinq ans est une protection contre la baisse des taux et une exposition à la hausse des prix. Nous avons chiffré cet effet sur une décennie entière dans notre article sur le rendement de l’assurance vie sur 10 ans.
- La garantie des dépôts est de 100 000 €, et elle est partagée. L’article 7 de l’arrêté du 27 octobre 2015 dispose que « le plafond d’indemnisation par déposant est de 100 000 euros » et que « ce plafond s’applique au montant cumulé des comptes créditeurs d’un même déposant auprès du même établissement de crédit, quels que soient leur nombre ». Votre compte à terme partage donc ce plafond avec votre compte courant et vos livrets ordinaires de la même banque. Seuls le livret A, le LDDS et le LEP échappent au calcul et bénéficient d’un plafond propre de 100 000 €.
L’assurance vie
- Le fonds euros garantit le capital net de frais, pas le capital versé. La nuance est développée dans notre article sur l’assurance vie sans perte de capital, avec le tableau des huit premières années que l’assureur doit vous remettre.
- Les unités de compte ne sont pas garanties. Beaucoup de contrats conditionnent leur taux bonifié à une part minimale en unités de compte. Un fonds euros à 4 % assorti d’une obligation d’investir 30 % en unités de compte n’est pas un placement garanti à 4 %.
- Les rachats peuvent être suspendus. Le 5° ter de l’article L. 631-2-1 du code monétaire et financier autorise le Haut Conseil de stabilité financière à « limiter temporairement, pour tout ou partie du portefeuille, le paiement des valeurs de rachat », par décisions de trois mois renouvelables, sans pouvoir dépasser six mois consécutifs. Ce pouvoir n’a jamais été activé depuis sa création en 2016, mais il existe et il n’a pas d’équivalent sur un compte à terme.
- La garantie n’est pas la même ni du même montant. Un contrat d’assurance vie relève du fonds de garantie des assurances de personnes, plafonné à 70 000 € par assuré et par entreprise d’assurance, et non des 100 000 € bancaires.
La décision
Trois situations, trois réponses
Le compte à terme l’emporte
Horizon court, deux à trois ans, avec un contrat d’assurance vie qui reste à ouvrir dans un réseau facturant des frais d’entrée. Sur 50 000 € pendant 2 ans, un compte à terme à 2,85 % ressort 1 420 € au-dessus d’un contrat neuf à 3 % de frais. Il l’emporte aussi pour un foyer non imposable, et chaque fois que la date de disponibilité doit être certaine, pour un apport immobilier par exemple.
L’assurance vie l’emporte
Contrat déjà ouvert depuis plus de 8 ans, sans frais d’entrée, gains annuels retirés qui tiennent dans l’abattement. Le fonds euros gagne alors sur trois tableaux à la fois : 1,4 point de prélèvements sociaux en moins, impôt sur le revenu nul, et argent disponible à tout moment. C’est la configuration la plus fréquente chez qui détient déjà un contrat.
Les deux, et c’est souvent la bonne réponse
Rien n’oblige à choisir. Le compte à terme sert à immobiliser une somme dont la date d’emploi est connue, l’assurance vie à faire vieillir un capital dont on ne connaît pas la date de sortie. Ouvrir un contrat aujourd’hui avec 500 € pour lancer le compteur des 8 ans, tout en plaçant le gros de la somme sur un compte à terme, est un arbitrage cohérent avec les chiffres de cet article.
La transmission
Ce que le comparatif de rendement ne dit jamais
Au décès, les deux placements ne suivent pas le même chemin. Le solde d’un compte à terme entre dans l’actif de la succession et supporte les droits de mutation au barème du lien de parenté. Les capitaux d’une assurance vie sont en principe versés au bénéficiaire désigné hors succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis 20 % et 31,25 % au-delà (article 990 I du CGI), et un régime distinct pour les primes versées après 70 ans (article 757 B).
Sur un capital de 200 000 € transmis à un enfant unique, l’écart entre les deux traitements se compte en dizaines de milliers d’euros. Ce n’est pas l’objet de cette page, mais c’est souvent l’argument qui tranche pour de bon : nous l’avons traité dans l’assurance vie dans la succession ou hors succession.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une assurance vie et un compte à terme ?
Un compte à terme est un dépôt bancaire : vous immobilisez une somme pour une durée convenue, à un taux connu d’avance, et la banque vous verse des intérêts. Une assurance vie est un contrat d’assurance qui abrite une ou plusieurs poches d’investissement, dont le fonds en euros à capital garanti. L’argent y reste disponible à tout moment par rachat. Les deux diffèrent sur trois plans : la disponibilité, la fiscalité, et le sort au décès.
Quels sont les inconvénients d’un compte à terme ?
Le blocage des fonds, avec des conditions de sortie anticipée fixées librement par la banque et non par la loi. Une fiscalité plus lourde depuis 2026, à 31,4 % contre 30 % au plus pour l’assurance vie. Aucun abattement annuel. Des intérêts qui gonflent le revenu fiscal de référence. Un taux fixe qui ne suit pas l’inflation. Et une garantie de 100 000 € partagée avec tous vos autres comptes de la même banque.
Combien rapporte un compte à terme en 2026 ?
D’après le Stat Info de la Banque de France de juin 2026, publié le 31 juillet 2026, les contrats nouveaux souscrits par les ménages sont rémunérés en moyenne 2,30 % brut pour une durée de deux ans au plus et 2,85 % au-delà de deux ans. Après la flat tax de 31,4 %, cela laisse 1,58 % et 1,96 % net par an. Ce sont des moyennes de marché : les offres promotionnelles à taux progressif peuvent afficher davantage sur une première période courte.
Peut-on avoir un compte à terme dans une assurance vie ?
Non, pas au sens propre. Un contrat d’assurance vie ne peut pas héberger un compte à terme bancaire : ses supports sont le fonds en euros et des unités de compte. Certains assureurs proposent en revanche des supports à échéance ou des fonds obligataires datés, qui reproduisent en partie la logique d’un rendement connu sur une durée fixée, sans en offrir la garantie en capital. Ce sont deux produits distincts qu’il faut comparer, pas empiler.
Peut-on récupérer son argent avant l’échéance d’un compte à terme ?
Oui dans la quasi-totalité des cas, mais à un coût. Aucune règle légale n’impose de conditions : c’est le contrat qui fixe le préavis et la pénalité, généralement un taux réduit appliqué rétroactivement à toute la période écoulée. Sur une sortie précoce, le rendement réel peut tomber au niveau d’un livret ordinaire, soit 0,75 % en juin 2026 selon la Banque de France. Rien à voir avec un rachat d’assurance vie, que l’article L. 132-21 du code des assurances oblige l’assureur à verser « dans un délai qui ne peut excéder deux mois », sans pénalité de sortie.
Le compte à terme est-il plus sûr que l’assurance vie ?
Le plafond de garantie est plus élevé, 100 000 € contre 70 000 €, mais il est partagé avec vos autres comptes de la même banque là où le plafond de l’assurance vie s’apprécie par assuré et par entreprise d’assurance. À l’inverse, seule l’assurance vie peut voir ses rachats temporairement suspendus par le Haut Conseil de stabilité financière, pour six mois consécutifs au maximum. Répartir entre plusieurs établissements reste la seule façon de rester couvert au-delà des plafonds, quel que soit le produit.
Faut-il opter pour le barème progressif plutôt que pour la flat tax ?
L’option pour le barème est globale : elle s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année, pas au seul compte à terme. Elle est gagnante quand votre tranche marginale est à 0 %, souvent neutre à 11 % compte tenu de la fraction de CSG déductible de 6,8 %, et perdante au-delà. Elle se coche à la déclaration de revenus, au plus tard à la date limite de dépôt. Faites la simulation dans les deux sens avant de valider.
Les 18,6 % s’appliquent-ils aux intérêts déjà acquis avant 2026 ?
Non. Le II de l’article 12 de la LFSS pour 2026 fixe l’entrée en vigueur au 1er janvier 2026 « en ce qui concerne la contribution mentionnée à l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale », donc pour les faits générateurs postérieurs à cette date, et réserve expressément les produits acquis ou constatés avant cette date pour les plans d’épargne concernés. Les intérêts versés en 2025 restent à 17,2 %.
Avant d’arbitrer, regardez ce que votre contrat sert vraiment
Le calcul de cette page part du taux moyen constaté par l’ACPR. Le vôtre peut s’en écarter de plus d’un demi-point, dans un sens comme dans l’autre. Notre suivi des rendements vous dit où se situe votre contrat.
Sources. Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 12 (JORF n° 0306 du 31 décembre 2025). Code de la sécurité sociale, article L. 136-8, version en vigueur depuis le 27 juin 2026, et article L. 136-7, version en vigueur depuis le 21 février 2026. Code général des impôts, articles 125 A, 125-0 A, 200 A, 235 ter, 242 quater et 1417. Arrêté du 27 octobre 2015 relatif à la mise en œuvre de la garantie des dépôts, article 7. Code monétaire et financier, article L. 631-2-1. Banque de France, Stat Info Taux de rémunération des dépôts bancaires, juin 2026, diffusé le 31 juillet 2026. ACPR, Analyses et Synthèses n° 180, « Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation », 30 juin 2026. Service-public.gouv.fr, fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026. BOFiP, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 230, version en vigueur depuis le 30 juin 2022.
Article rédigé le 11 août 2026. Les taux, seuils et barèmes cités valent à cette date. Information générale, qui ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.
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