Rendement de l’assurance vie sur 10 ans : ce que 10 000 € sont vraiment devenus entre 2016 et 2025

Dix piles de jetons de hauteurs inégales et une ligne d'inflation ascendante, rendement de l'assurance vie sur dix ans

L’essentiel

Sur la décennie 2016-2025, le fonds en euros moyen a servi 1,94 % par an, prélèvements sociaux non déduits, selon les études annuelles de l’ACPR. 10 000 € versés le 1er janvier 2016 valaient 12 115 € fin 2025 avant prélèvements sociaux, 11 732 € après.

Sur la même décennie, les prix ont monté de 20,91 % (INSEE). Il fallait donc 12 091 € pour acheter ce que 10 000 € achetaient en 2016. Le pouvoir d’achat du capital a reculé de 2,97 %.

L’impôt sur le revenu, lui, n’a rien coûté : au-delà de huit ans, l’abattement de 4 600 € absorbe la totalité des gains d’un fonds en euros moyen tant que le versement reste sous 26 600 € environ.

Le simulateur plus bas rejoue cinq horizons réels (3, 5, 8, 10 et 15 ans) sur les taux réellement servis, pas sur un taux constant inventé.

« Combien rapporte une assurance vie sur 10 ans ? » La question a une réponse chiffrée, et elle ne se trouve dans aucune des pages qui la posent. La plupart appliquent un taux moyen constant à un capital et affichent un capital final. C’est une projection, pas un historique. Les dix dernières années ne se sont pas déroulées à taux constant : elles ont vu le fonds en euros tomber à son plus bas historique, puis remonter, pendant que l’inflation faisait un pic à 5,2 %.

Cet article fait l’inverse. Il reprend les taux réellement servis chaque année par le marché, tels que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution les mesure depuis 2011, applique les prélèvements sociaux au taux en vigueur année par année, puis compare le résultat à l’inflation constatée par l’INSEE. Le chiffre qui en sort n’est pas celui que la publicité annonce.

La décennie 2016-2025, taux par taux

Chaque année, l’ACPR publie une étude intitulée « Revalorisation des contrats d’assurance-vie et de capitalisation ». Elle mesure le taux de revalorisation moyen pondéré par les provisions mathématiques : autrement dit le taux réellement servi sur les supports en euros des contrats individuels, pondéré par les encours. La définition donnée par le régulateur est précise : ce taux est « brut de taux technique et de prélèvements fiscaux et sociaux mais net de chargement sur encours ». Les frais de gestion annuels sont donc déjà déduits. Les prélèvements sociaux, non.

Reconstituer la décennie complète demande cinq publications différentes, parce qu’aucune ne remonte à dix ans. La série ci-dessous croise les études n° 115 (2020), n° 140 (2022), n° 149 (2023), n° 175 (2025) et n° 180 (2026).

Pile de rapports institutionnels reliés, image des études annuelles de l'ACPR sur la revalorisation des contrats d'assurance vie
Aucune publication de l’ACPR ne couvre dix exercices : la série complète se reconstitue en croisant cinq études annuelles successives. Illustration QuelleAssuranceVie.

Le tableau de référence

Quinze ans de taux servis, de prélèvements sociaux et d’inflation

Ce tableau sert deux fois : il donne la série brute, et il alimente le simulateur placé juste après. Les taux viennent de l’ACPR, l’inflation de l’INSEE (évolution annuelle moyenne de l’indice des prix à la consommation), le taux de prélèvements sociaux est celui en vigueur au 31 décembre de chaque année, date à laquelle les gains d’un fonds en euros sont inscrits en compte.

Année Taux moyen servi Prélèvements sociaux Inflation Gain net d’inflation
2011 3,02 % 13,5 % 2,1 % +0,51 pt
2012 2,91 % 15,5 % 2,0 % +0,46 pt
2013 2,80 % 15,5 % 0,9 % +1,47 pt
2014 2,54 % 15,5 % 0,5 % +1,65 pt
2015 2,27 % 15,5 % 0,0 % +1,92 pt
2016 1,93 % 15,5 % 0,2 % +1,43 pt
2017 1,83 % 15,5 % 1,0 % +0,55 pt
2018 1,83 % 17,2 % 1,9 % -0,38 pt
2019 1,46 % 17,2 % 1,1 % +0,11 pt
2020 1,28 % 17,2 % 0,5 % +0,56 pt
2021 1,28 % 17,2 % 1,6 % -0,54 pt
2022 1,91 % 17,2 % 5,2 % -3,62 pt
2023 2,60 % 17,2 % 4,9 % -2,75 pt
2024 2,63 % 17,2 % 2,0 % +0,18 pt
2025 2,63 % 17,2 % 0,9 % +1,28 pt

Les trois taux de prélèvements sociaux employés sont ceux qui se sont succédé sur la période : 13,5 % pour les produits inscrits en compte au 31 décembre 2011, 15,5 % du 1er juillet 2012 au 31 décembre 2017, puis 17,2 % depuis le 1er janvier 2018, à la suite de la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée votée en loi de financement de la sécurité sociale pour 2018.

La colonne de droite compare le taux net de prélèvements sociaux à l’inflation de la même année. Sur les dix années 2016 à 2025, quatre sont perdantes : 2018, 2021, 2022 et 2023. Deux d’entre elles le sont massivement.

-2,97 %

Perte de pouvoir d’achat d’un versement de 10 000 € placé sur le fonds en euros moyen du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2025, prélèvements sociaux déduits chaque année, inflation INSEE déduite. Calcul QuelleAssuranceVie à partir des séries ACPR et INSEE.

La traduction en euros

Ce que 10 000 € sont réellement devenus

Le mécanisme est simple, mais il compte trois étages, et la plupart des pages n’en montrent qu’un.

Versement de 10 000 € le 1er janvier 2016, fonds en euros au taux moyen du marché

Capital au 31 décembre 2025, avant prélèvements sociaux12 114,59 €
Prélèvements sociaux acquittés sur dix exercices352,01 €
Impôt sur le revenu en cas de rachat total0,00 €
Capital réellement disponible11 732,04 €
Somme nécessaire pour le pouvoir d’achat de 201612 090,85 €
Pouvoir d’achat final, en euros de 20169 703,24 €

Trois chiffres à retenir de cet exemple. Le rendement annualisé ressort à 1,94 % avant prélèvements sociaux, à 1,61 % après, et à -0,30 % une fois l’inflation retirée. L’écart entre le premier et le dernier est de 2,24 points par an. C’est cet écart que mesure la question « combien rapporte une assurance vie sur 10 ans », et c’est celui que presque personne ne calcule.

Colonne de matière tombant à travers trois tamis de plus en plus fins, illustrant les frais, les prélèvements sociaux et l'inflation
Trois tamis séparent le taux affiché du pouvoir d’achat réel : les frais de gestion, déjà déduits du taux ACPR, puis les prélèvements sociaux, puis l’inflation. Illustration QuelleAssuranceVie.

Pourquoi les frais n’apparaissent pas dans le calcul

Ils y sont déjà. Le taux publié par l’ACPR est net des chargements sur encours, donc net des frais de gestion annuels. En 2025, ce chargement moyen s’établissait à 0,63 % des provisions. Ce que le taux ne déduit pas, ce sont les frais sur versement, propres à chaque contrat, et les prélèvements sociaux.

Outil gratuit

Rejouez votre propre décennie

Le simulateur ci-dessous ne projette rien. Il rejoue les taux réellement servis, année par année, sur l’horizon que vous choisissez, applique le taux de prélèvements sociaux en vigueur à chaque 31 décembre, calcule l’impôt sur le revenu dû en cas de rachat total au 31 décembre 2025 et convertit le résultat en euros de l’année de départ.

Le rétroviseur de votre décennie

Taux réellement servis par le marché, prélèvements sociaux au taux de chaque année, fiscalité du rachat total, inflation INSEE. Toutes les périodes s’arrêtent au 31 décembre 2025.














Sur 10 ans, votre versement est devenu

n. d.

n. d.

n. d.

n. d.

n. d.

Capital avant prélèvements sociaux

n. d.

Prélèvements sociaux acquittés

n. d.

Impôt sur le revenu au rachat total

n. d.

Pouvoir d’achat

n. d.

Fiscalité appliquée

n. d.

Le détail, année par année. La dernière colonne convertit le capital net de prélèvements sociaux en euros de l’année de départ ; l’impôt du rachat final, lui, n’est déduit que dans les cartes ci-dessus.

Année Taux servi Gain brut de l’année Prélèvements sociaux Capital au 31 décembre Capital en euros du départ
n. d. n. d. n. d. n. d. n. d. n. d.
Hypothèses et limites de ce calcul
  • Les taux employés sont les taux de revalorisation moyens du marché mesurés par l’ACPR sur les supports en euros des contrats individuels, nets des chargements sur encours et avant prélèvements sociaux. Votre contrat peut s’en écarter de plus d’un point, dans les deux sens.
  • Le calcul retient un versement unique en début de période, sans frais sur versement, sans versement complémentaire et sans rachat intermédiaire. Des frais d’entrée de 2 % réduiraient mécaniquement le capital final de 2 %.
  • Les prélèvements sociaux sont appliqués sur les gains de chaque exercice, au taux en vigueur au 31 décembre de l’année concernée, conformément au régime d’inscription en compte des supports en euros.
  • L’impôt sur le revenu est calculé pour un rachat total effectué au 31 décembre 2025, avec l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € au-delà de huit ans. L’abattement est réputé n’être utilisé par aucun autre contrat la même année.
  • L’inflation retenue est l’évolution annuelle moyenne de l’indice des prix à la consommation publiée par l’INSEE, pour l’ensemble des ménages en France.
  • Ce simulateur porte sur le seul support en euros. Il ne modélise ni les unités de compte, ni les fonds à capital garanti sous conditions, ni les bonifications commerciales temporaires.

Résultats indicatifs, fondés sur des moyennes de marché. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le décodeur

Pourquoi les chiffres à dix ans qui circulent ne parlent pas de la même chose

Tapez la requête, et vous trouverez, sur la même page de résultats, un rendement de 1,8 %, un rendement de 5,39 % et un rendement de 150 %. Aucun n’est faux. Ils mesurent trois objets différents, et deux d’entre eux ne sont pas ce que le lecteur croit lire.

Le chiffre affiché Ce qu’il mesure réellement Ce qu’il ne déduit pas
5,39 % par an sur 10 ans Un contrat investi à 60 % en fonds en euros et 40 % en unités de compte « fonds actions monde », sur la période 2014-2023 Les prélèvements sociaux et l’impôt. Le chiffre est net de tous frais, pas net de fiscalité.
« Plus de 150 % sur 10 ans » Un contrat investi à 20 % en fonds en euros et 80 % en supports actions Le risque de perte en capital d’une allocation à 80 % actions, et les prélèvements sociaux au rachat
« 25 % de rendement cumulé sur 10 ans » Une projection théorique à taux constant de 2,5 % par an, pas une série historique Tout : ni frais sur versement, ni prélèvements sociaux, ni impôt, ni inflation
1,82 % par an sur 10 ans Le fonds en euros seul, net de tous frais, sur la période 2014-2023 Les prélèvements sociaux et l’inflation
2,63 % en 2025 Une seule année, le taux moyen du marché sur les supports en euros Les prélèvements sociaux, et neuf années sur dix

Les deux chiffres du milieu du tableau viennent de la même famille d’erreurs : ils décrivent une allocation particulière, puis se font lire comme le rendement de « l’assurance vie ». Un contrat à 80 % d’actions n’est pas une assurance vie moyenne, c’est un portefeuille actions logé dans une assurance vie. Il peut aussi perdre 30 % en un an.

Le premier et le quatrième, en revanche, viennent d’une source publique de premier rang et méritent d’être lus en entier. La loi du 23 octobre 2023 relative à l’industrie verte a confié au Comité consultatif du secteur financier le suivi des performances et des frais des produits d’épargne financière. Cette instance, créée par la loi, réunit à parité les professionnels du secteur et les représentants de leurs clientèles. Elle a constitué en son sein un Observatoire des produits d’épargne financière, dont le premier rapport annuel est paru en 2025. Ce rapport suit un cas type nommé Louise : 10 000 € investis, 60 % en fonds en euros et 40 % en unités de compte « fonds actions monde », sur trois horizons. Il détaille les deux jambes séparément, et précise que ses rendements sont nets des frais « mais hors fiscalité ».

Ce que dit le rapport de l’Observatoire, mot à mot

« La performance de son investissement, nette de tous frais, dépend donc du rendement annualisé net de tous frais du fonds en euros [1,83 % en 2023, 1,55 % sur la période 2019 à 2023 (5 ans) et 1,82 % sur la période 2014 à 2023 (10 ans)] et de la performance nette de tous frais des UC « fonds actions monde » [18,06 % en 2023, 9,51 % sur la période 2019 à 2023 (5 ans) et 9,28 % sur la période 2014 à 2023 (10 ans)]. » (Rapport 2025 de l’Observatoire des produits d’épargne financière, chapitre 2, page 46.)

Autrement dit, le 5,39 % que reprennent les articles grand public est la moyenne pondérée de 1,82 % de fonds en euros et de 9,28 % d’actions mondiales. Ce n’est pas le rendement de l’assurance vie : c’est le rendement d’une décennie boursière exceptionnelle, atténué de 60 % par un fonds en euros. Le rapport le dit lui-même en donnant les deux nombres côte à côte. Notre calcul sur 2016-2025, à 1,94 % avant prélèvements sociaux, s’inscrit dans le même ordre de grandeur que le 1,82 % de l’Observatoire sur 2014-2023.

La ponction invisible

Les prélèvements sociaux, retirés chaque 31 décembre

C’est la principale différence entre un fonds en euros et une unité de compte, et elle ne tient pas au rendement. Sur un support en euros, les prélèvements sociaux ne sont pas dus au moment du retrait : ils sont dus chaque année, à l’inscription en compte des gains. Le code de la sécurité sociale le prévoit à son article L. 136-7. Concrètement, au 31 décembre, l’assureur crédite les intérêts, puis retire immédiatement 17,2 % de ces intérêts et les verse à l’administration.

Bloc monumental dont dix fines tranches ont été retirées, illustrant les prélèvements sociaux ponctionnés chaque 31 décembre
Sur un fonds en euros, la ponction sociale ne survient pas au retrait : elle revient chaque 31 décembre et retire une tranche fine, dix fois de suite. Illustration QuelleAssuranceVie.

Sur dix ans, la tranche est fine mais la répétition coûte deux fois. Une première fois par le montant prélevé, 352 € sur notre exemple. Une seconde fois par les intérêts que ces 352 € n’ont jamais produits, parce qu’ils avaient quitté le contrat. C’est ce qui fait passer un rendement annualisé de 1,94 % à 1,61 %.

Deuxième subtilité, propre à cette décennie : le taux n’a pas été constant. Il est passé de 15,5 % à 17,2 % au 1er janvier 2018, à la suite de la hausse de 1,7 point de la contribution sociale généralisée. Un versement de 2016 a donc subi deux exercices à 15,5 % puis huit à 17,2 %. Aucun simulateur du marché ne fait cette distinction, et le tableau plus haut la conserve année par année. Nos explications détaillées sur les prélèvements sociaux de l’assurance vie reprennent le mécanisme, y compris le cas particulier de la régularisation au dénouement.


Le point que les comparatifs oublient

Une unité de compte ne subit les prélèvements sociaux qu’au rachat ou au décès. Ses gains capitalisent donc à 100 % pendant toute la durée du contrat, là où ceux du fonds en euros capitalisent à 82,8 %. À rendement brut égal sur dix ans, l’unité de compte l’emporte pour cette seule raison, avant même de parler de marchés.

La comparaison

Fonds en euros ou unités de compte : ce que le régulateur a réellement mesuré

Il n’existe pas de série publique de performance des unités de compte sur dix ans. L’ACPR n’en publie que depuis 2020, dans un encadré spécifique de son étude annuelle. La comparaison honnête se fait donc sur six exercices, 2020 à 2025, et son résultat surprend.

Balance à deux plateaux comparant un bloc lisse et une pile irrégulière, image du fonds en euros face aux unités de compte
Sur 2020-2025, les deux plateaux se tiennent : 2,05 % par an pour le fonds en euros, 1,95 % pour l’ensemble des unités de compte, selon l’ACPR. Illustration QuelleAssuranceVie.
Exercice Fonds en euros Unités de compte, tous supports
2020 1,28 % 2,0 %
2021 1,28 % 7,8 %
2022 1,91 % -10,6 %
2023 2,60 % 4,6 %
2024 2,63 % 4,5 %
2025 2,63 % 4,5 %
Cumul 2020-2025 +12,97 % +12,28 %
Après prélèvements sociaux +10,65 % +10,17 %

L’ACPR résume elle-même le constat dans son étude de juin 2026 : depuis 2020, les supports en unités de compte présentent un rendement annuel moyen, net des frais des fonds d’investissement et des chargements de gestion du contrat, « de l’ordre de 2,0 % ». Le fonds en euros a fait 2,05 % par an sur la même période. Sur ces six années, la prise de risque n’a rien rapporté de plus.

Ce résultat tient à la composition réelle des unités de compte, que le régulateur mesure aussi : 32 % de fonds actions seulement, 17 % de fonds à allocation d’actifs, 12 % d’obligataire, 10 % de produits structurés, 5 % de monétaire et 4 % d’immobilier. Une unité de compte moyenne n’est pas un fonds actions, et elle porte deux couches de frais. Notre guide sur l’investissement en unités de compte détaille ce que contiennent réellement ces supports, et la répartition entre fonds en euros et unités de compte aide à fixer un curseur.


Six ans ne valident rien, et 2022 le prouve

Une moyenne calculée sur six exercices dont un seul, 2022, retire 10,6 %, ne dit rien de solide sur le long terme. Elle dit seulement que la période 2020-2025 n’a pas récompensé le risque en assurance vie. Sur les unités de compte, le capital n’est jamais garanti : l’assureur s’engage sur le nombre d’unités, pas sur leur valeur. Une baisse de marché au mauvais moment peut effacer plusieurs années de rendement, et rien ne la rattrape mécaniquement.

Le cap des huit ans

Au bout de dix ans, l’impôt ne coûte presque rien

C’est le point le plus contre-intuitif de cette décennie, et le simulateur le montre en un clic. Sur un fonds en euros moyen, l’impôt sur le revenu dû lors d’un rachat total au bout de dix ans est nul dans la grande majorité des cas.

La mécanique tient en trois règles. Au-delà de huit ans de détention, l’article 125-0 A du code général des impôts ouvre un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Cet abattement s’applique aux gains contenus dans le rachat, pas au capital retiré. Et sur un fonds en euros, dix ans de gains représentent peu de chose.

  • 10 000 € versés en 2016 produisent 1 732 € de gains nets de prélèvements sociaux au bout de dix ans. L’abattement de 4 600 € les absorbe entièrement : impôt nul.
  • Le seuil de bascule se situe autour de 26 600 € de versement pour une personne seule, et de 53 100 € pour un couple. En dessous, un rachat total au bout de dix ans ne déclenche aucun impôt sur le revenu.
  • Au-delà, seule la fraction des gains excédant l’abattement est taxée, à 7,5 % pour les primes versées avant le 27 septembre 2017, et à 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes puis 12,8 % au-delà pour les versements postérieurs.

La contrepartie est visible dans le simulateur dès qu’on descend sous huit ans : l’abattement disparaît et le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % s’applique sur la totalité des gains. Un rachat total au bout de cinq ans sur un versement de 20 000 € coûte ainsi quelques centaines d’euros d’impôt qu’un rachat au bout de huit ans n’aurait pas coûtés. C’est ce que le régime fiscal complet des rachats détaille, abattements et cas particuliers compris.


L’abattement ne concerne jamais les prélèvements sociaux

La doctrine fiscale est explicite sur ce point : « Il n’est pas tenu compte de cet abattement pour la détermination des prélèvements sociaux. » Un contrat de plus de huit ans peut donc n’acquitter aucun impôt sur le revenu tout en ayant supporté 17,2 % sur chacun de ses gains annuels.

Honnêteté

Ce qu’un rendement passé sur dix ans ne vous dira jamais

Un historique se lit avec ses limites, et celles-ci sont importantes.

Une moyenne n’est pas votre contrat

L’ACPR mesure un écart de 0,77 point entre les gammes les mieux et les moins bien revalorisées d’un même assureur. Le taux moyen intègre aussi les bonifications commerciales, souvent de 100 points de base et parfois de plus de 200, réservées à ceux qui détiennent des unités de compte. Un épargnant sans bonification touche moins que la moyenne.

Le choix des bornes n’est jamais neutre

Une décennie qui démarre en 2011 affiche un rendement bien supérieur à une décennie qui démarre en 2016, parce qu’elle englobe les taux à 3 %. Une période de cinq ans commençant en 2021 est la pire de toutes, parce qu’elle concentre l’inflation de 2022 et 2023. Demandez toujours la période exacte.

Les frais sur versement ne sont pas dans le taux

Le taux ACPR est net des frais de gestion annuels, pas des frais d’entrée. Un contrat facturant 3 % à l’entrée démarre avec 97 % du capital. Sur dix ans à 1,94 %, ces 3 % ne se rattrapent jamais : ils coûtent l’équivalent d’un an et demi de rendement.

Dix ans passés ne prédisent pas dix ans à venir

Le rendement du fonds en euros suit celui de l’actif général, donc principalement les obligations en portefeuille, qui se renouvellent lentement. La remontée des taux depuis 2022 continue de se diffuser, mais rien ne garantit son ampleur ni sa durée.

Pour le millésime en cours, les chiffres réellement connus et ceux qui ne le sont pas encore sont détaillés dans notre point sur les taux d’assurance vie 2026. Et si votre question porte sur la garantie du capital plutôt que sur son rendement, ce que l’assureur garantit vraiment répond point par point.

Questions fréquentes sur le rendement de l’assurance vie sur 10 ans

Quel est le rendement moyen d’une assurance vie sur 10 ans ?

Sur la période 2016-2025, le support en euros du marché a servi 1,94 % par an en moyenne, net des frais de gestion et avant prélèvements sociaux, d’après les études annuelles de l’ACPR. Après prélèvements sociaux, ce rendement tombe à 1,61 % par an. Après inflation, il devient négatif, à -0,30 % par an. Pour un contrat multisupport, le résultat dépend entièrement de la part investie en unités de compte et de leur composition.

Combien rapporte une assurance vie sur 10 ans avec 10 000 € ?

Un versement unique de 10 000 € effectué le 1er janvier 2016 sur un fonds en euros au taux moyen du marché valait 12 114,59 € au 31 décembre 2025 avant prélèvements sociaux, et 11 732,04 € après. Le gain net s’élève donc à 1 732 € sur dix ans, sans impôt sur le revenu en cas de rachat total, l’abattement de 4 600 € absorbant la totalité des gains. Un contrat servant 0,4 point de plus que la moyenne aurait rendu environ 390 € de plus.

Combien rapporte une assurance vie sur 5 ans, sur 8 ans, sur 15 ans ?

Pour 10 000 € placés sur le fonds en euros moyen et arrêtés au 31 décembre 2025 : 10 665 € sur 5 ans (période 2021-2025), 11 368 € sur 8 ans (2018-2025) et 13 145 € sur 15 ans (2011-2025), nets de prélèvements sociaux. En pouvoir d’achat, seul l’horizon de quinze ans termine positif, à +2,95 %. Les horizons de cinq et huit ans sont les plus pénalisés, parce qu’ils concentrent l’inflation de 2022 et 2023 sans profiter des taux élevés d’avant 2016. Le simulateur plus haut rejoue chacun de ces horizons.

Le rendement de 5,39 % par an sur 10 ans est-il exact ?

Oui, mais il ne décrit pas le fonds en euros. Ce chiffre vient du rapport annuel de l’Observatoire des produits d’épargne financière du Comité consultatif du secteur financier, publié en 2025. Il porte sur un cas type investi à 60 % en fonds en euros et 40 % en unités de compte « fonds actions monde », entre janvier 2014 et décembre 2023, et il est net de tous frais mais, dans les termes du rapport, « hors fiscalité ». Le même rapport donne le rendement du fonds en euros seul sur la même décennie : 1,82 % par an.

Faut-il déduire les prélèvements sociaux du rendement affiché ?

Oui, pour le support en euros, et chaque année. Les taux publiés par l’ACPR et par les assureurs sont nets des frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux. Sur un fonds en euros, ces 17,2 % sont retirés du contrat au 31 décembre de chaque exercice, ce qui réduit aussi la base qui produira les intérêts de l’année suivante. Sur les unités de compte, ils ne sont dus qu’au rachat ou au décès.

Une assurance vie protège-t-elle de l’inflation sur dix ans ?

Pas sur la décennie qui vient de s’écouler. Entre 2016 et 2025, les prix ont progressé de 20,91 % en cumul selon l’INSEE, quand le fonds en euros moyen progressait de 17,32 % net de prélèvements sociaux. Le pouvoir d’achat du capital a donc reculé de 2,97 %. Sur la décennie précédente, la conclusion était inverse, parce que les taux servis dépassaient 2,5 % et l’inflation restait sous 1 %.

Sur dix ans, vaut-il mieux un fonds en euros ou des unités de compte ?

Les données publiques ne permettent pas de trancher sur dix ans, faute de série officielle sur les unités de compte avant 2020. Sur 2020-2025, seule période mesurée par l’ACPR, les deux se tiennent : +12,97 % cumulés pour le fonds en euros contre +12,28 % pour l’ensemble des unités de compte. La différence tient à la composition réelle des unités de compte, qui ne comptent que 32 % de fonds actions et supportent deux couches de frais. Le vrai critère reste l’horizon d’immobilisation et la baisse temporaire que vous acceptez de supporter.

Où trouver le rendement de mon propre contrat sur dix ans ?

Sur vos relevés annuels d’information, que l’assureur doit vous adresser chaque année en application de l’article L. 132-22 du code des assurances. Chacun indique le taux servi pour l’exercice et la valeur de rachat au 31 décembre. Dix relevés donnent la série exacte de votre contrat, à comparer aux taux de marché du tableau plus haut. Le taux affiché sur une plaquette commerciale intègre souvent des bonifications que vous n’avez pas nécessairement obtenues.

Et maintenant, que va servir votre contrat cette année ?

La décennie est derrière vous. Le millésime en cours, lui, se joue encore : voici les chiffres réellement connus à ce jour, ceux qui ne le sont pas, et la date à laquelle ils tomberont.

Voir les taux d’assurance vie 2026

Sources. ACPR, « Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation », Analyses et synthèses n° 180, 30 juin 2026 ; n° 175 (2024), n° 149 (2022), n° 140 (2021) et n° 115 (2019) pour les exercices antérieurs. INSEE, « L’essentiel sur l’inflation », évolution annuelle moyenne de l’indice des prix à la consommation. Comité consultatif du secteur financier, rapport annuel 2025 de l’Observatoire des produits d’épargne financière, Banque de France. Code général des impôts, article 125-0 A. Code de la sécurité sociale, article L. 136-7. Bulletin officiel des finances publiques, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50. Chiffres consultés et recalculés le 6 août 2026.

Information générale à jour au 6 août 2026. Elle ne remplace pas un conseil personnalisé d’un conseiller en gestion de patrimoine, d’un notaire ou d’un avocat fiscaliste. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs et le capital investi en unités de compte n’est pas garanti.

Amandine Carpentier

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